ANGLE DOMINANT
Le Caire arbitre entre solidarité affichée avec ses voisins du Golfe et appels répétés à la désescalade, alors que Washington étend ses frappes contre l'Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Al-Sissi, en visite à Bahreïn puis au Qatar, a qualifié les attaques contre le territoire bahreïni de « violation flagrante du droit international »
- 02
CENTCOM a mené une frappe de cinq heures sur Bouchehr, Chabahar, Jask, Konarak, Abou Moussa et Bandar Abbas, suivie d'une campagne de sept heures près du détroit d'Ormuz
- 03
Le Caire a condamné « dans les termes les plus fermes » les frappes houthies sur l'aéroport d'Abha en Arabie saoudite et réaffirmé son soutien à Riyad
ANALYSE
Le Caire, 15 juillet 2026. Alors que Washington étend sa campagne militaire contre l'Iran et rétablit un blocus naval sur les ports iraniens, l'Égypte affiche une solidarité appuyée avec ses voisins du Golfe sans se départir de son discours constant en faveur de la désescalade. Le président Abdel Fattah Al-Sissi s'est rendu à Bahreïn après une étape au Qatar pour réaffirmer que « la sécurité de Bahreïn, des États du Conseil de coopération du Golfe ou de tout pays arabe fait partie intégrante de la sécurité nationale égyptienne ». Il a condamné les attaques visant le territoire bahreïni comme « une violation flagrante du droit international » et une escalade dangereuse pour la stabilité régionale, selon Daily News Egypt.
Cette visite diplomatique a coïncidé avec l'annonce par le Commandement central américain d'une vague de frappes de cinq heures visant des sites militaires iraniens à Bouchehr, Chabahar, Jask, Konarak, Abou Moussa et Bandar Abbas, destinées selon Washington à dégrader la capacité de Téhéran à menacer le trafic commercial. Une nouvelle campagne de sept heures a suivi, frappant des dizaines de cibles près du détroit d'Ormuz, tandis que Donald Trump menaçait de détruire les centrales électriques et les ponts iraniens si Téhéran ne revenait pas à la table des négociations : « la semaine prochaine sera très mauvaise pour eux », a-t-il averti sur Fox News.
Sur le volet maritime, le président américain a également imposé aux transporteurs commerciaux un prélèvement de 20 % de la valeur de leur cargaison en contrepartie de la protection assurée par la marine américaine dans le détroit, selon Egypt Independent. Le Caire n'a pas commenté directement cette taxe, mais la diplomatie égyptienne s'est mobilisée sur un autre front régional : elle a condamné « dans les termes les plus fermes » les frappes de missiles et de drones houthis contre l'aéroport international d'Abha, en Arabie saoudite, réaffirmant sa solidarité pleine et entière avec Riyad.
Le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a par ailleurs échangé avec son homologue yéménite pour réaffirmer le soutien du Caire à l'unité et à l'intégrité territoriale du Yémen. Cette diplomatie tous azimuts illustre la position égyptienne : ne pas se ranger ouvertement derrière l'escalade militaire américaine, tout en consolidant ses liens de sécurité avec les monarchies du Golfe menacées par les représailles iraniennes et houthies.
SOURCES (2)
- Daily News EgyptMOYEN
