ANGLE DOMINANT
Paris mesure le double revirement de Washington sur Ormuz, entre marché pétrolier sous tension et alliances du Golfe recomposées.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le baril de brent a bondi de 9,59% le 13 juillet, clôturant à 83,30 dollars, après l'annonce de la taxe sur Ormuz (Le Monde).
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Trump a remplacé les 20% de frais sur le détroit d'Ormuz par des accords commerciaux et d'investissement avec les États du Golfe (BFM Business).
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Le président brésilien Lula a qualifié les États-Unis de « pirates » s'ils taxaient le détroit d'Ormuz, mesure jugée contraire au droit international (RFI, BFMTV).
ANALYSE
Paris, 15 juillet 2026. En quarante-huit heures, Donald Trump a annoncé puis abandonné une taxe de 20 % sur les cargaisons franchissant le détroit d'Ormuz, tout en rétablissant un blocus naval des ports iraniens et en intensifiant les frappes contre l'Iran, entrées dans leur quatrième nuit consécutive. La presse française, mobilisée sur cette escalade via ses correspondants au Moyen-Orient, souligne l'incohérence du dispositif américain autant que ses conséquences économiques immédiates.
Le Monde rappelle que le détroit, par où transitaient 20 % des hydrocarbures mondiaux avant la guerre, s'est vidé de son trafic maritime : « un bras de mer aux eaux turquoise désertées par les navires ». L'annonce initiale du péage, lundi 13 juillet, avait fait bondir les cours du pétrole — le brent grimpant de 9,59 % en une séance, une hausse inédite depuis le début du conflit, pour clôturer à 83,30 dollars. RFI documente le changement de discours de Trump, passé en une journée du statut de « gardien » rémunéré du détroit à un renoncement pur et simple à la taxe, remplacée par des « accords commerciaux et d'investissements » massifs avec les monarchies du Golfe, selon ses propres mots sur Truth Social.
BFM Business relève que ce revirement, survenu après des appels des émirs du Golfe, intervient à peine vingt-quatre heures après l'annonce d'une mesure jugée contraire au droit international garantissant la liberté de navigation. Le blocus des ports iraniens, lui, est maintenu et doit entrer en vigueur mardi 20h TU, tandis que Téhéran promet de ne pas laisser Washington « interférer » dans le détroit et menace d'autres itinéraires, dont la mer Rouge.
La diplomatie sud-américaine s'invite dans le débat : BFMTV et RFI relaient la sortie du président brésilien Lula, qui a qualifié Washington de possible « pirate » si la taxe avait été maintenue — « un grand pays comme les États-Unis... ne peut pas aujourd'hui devenir lui-même un pirate ». Sur le terrain, deux tankers émiratis ont été visés par des missiles iraniens, faisant un mort parmi l'équipage, tandis que la Jordanie affirme avoir intercepté quatre missiles iraniens. Pour les médias français, cette séquence illustre la fragilité de la trêve signée en juin et le risque d'un embrasement régional aux répercussions économiques mondiales, sans qu'un accord durable ne se dessine.
SOURCES (4)
- BFMTVMOYEN
- BFM BusinessMOYEN
