ANGLE DOMINANT
Madrid décrypte un nouveau bandazo de Trump, qui abandonne son péage de 20 % sur Ormuz au profit d'accords d'investissement avec le Golfe tout en intensifiant les frappes contre l'Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a remplacé son péage de 20 % sur Ormuz par des accords d'investissement et de commerce avec les États du Golfe, annoncé sur Truth Social le 14 juillet.
- 02
Le blocus naval américain mobilise au moins 19 navires de guerre, dont deux porte-avions et plus de 1 000 marines, dans le nord de la mer d'Arabie.
- 03
L'Iran menace de fermer d'autres routes énergétiques vitales, dont Bab-el-Mandeb vers la mer Rouge, tant que les frappes américaines ne cessent pas.
ANALYSE
Madrid, 16 juillet 2026. La presse espagnole documente avec une ironie appuyée ce qu'ElDiario.es qualifie de « nouveau bandazo » : la gestion erratique par Donald Trump de la crise du détroit d'Ormuz. Lundi, le président américain avait annoncé vouloir imposer un péage de 20 % sur toute cargaison transitant par le détroit, se présentant comme le « guardián del estrecho de Ormuz ». Vingt-quatre heures plus tard, il a fait marche arrière : « après des conversations très fructueuses avec les dirigeants du Moyen-Orient, j'ai décidé de remplacer le taux de remboursement de 20 % par des accords commerciaux et d'investissement que les différents États du Golfe réaliseront aux États-Unis », a-t-il écrit sur Truth Social, cité par Expansión et ElDiario.es.
Le revirement survient alors que le blocus naval américain, visant exclusivement les navires iraniens, a repris avec au moins 19 navires de guerre déployés dans le nord de la mer d'Arabie, dont deux porte-avions et un navire d'assaut amphibie transportant plus de 1 000 marines, selon ElDiario.es. Simultanément, le Commandement central américain a annoncé de nouvelles frappes contre l'Iran, visant Bushehr, Chabahar, Jask, Konarak, Abu Musa et Bandar Abbas — des sites côtiers et insulaires concentrant ports commerciaux, installations pétrolières et l'unique centrale nucléaire civile du pays, rapporte El País.
En représailles, les Gardiens de la révolution ont frappé des intérêts américains en Jordanie et la base de la Ve flotte à Bahreïn, tout en menaçant de fermer d'autres routes énergétiques, notamment Bab-el-Mandeb, porte d'entrée vers la mer Rouge : « le détroit d'Ormuz restera fermé jusqu'à la fin des actions malveillantes des États-Unis », a averti l'IRGC via l'agence Tasnim.
El País relève la contradiction du président américain, qui affirme que « le pétrole coule comme jamais » alors que le baril a bondi de 9 % lundi, dépassant les 83 dollars, avant l'annonce du repli. ElDiario.es va plus loin, accusant Trump de « tordre la réalité » puisque le détroit circulait librement, sans taxe, avant sa propre guerre contre Téhéran. Le bilan humain s'alourdit : selon le ministère iranien de la Santé, au moins vingt personnes ont été tuées et une centaine blessées depuis la reprise des bombardements, tandis qu'un marin a péri lors d'attaques de tankers dans le détroit.
SOURCES (3)
- El PaísMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
- ExpansiónMOYEN
