ANGLE DOMINANT
Pékin décrypte les deux décrets de Donald Trump comme l'aveu d'un système constitutionnel déjà mis en échec par sa propre Cour suprême, un contraste implicite avec le droit du sang chinois.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Deux décrets signés jeudi 6 août par Donald Trump, cinq semaines après le rejet par la Cour suprême de son décret initial du 20 janvier 2025
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Le premier décret exclut de la citoyenneté automatique les enfants nés de parents classés « alien enemy » : membres d'organisations terroristes désignées, employés de gouvernements étrangers, ou fraude à la citoyenneté
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Le second décret restreint l'entrée des étrangers venus via un visa non-immigrant dans le but d'accoucher sur le sol américain, ciblant le « tourisme des naissances »
ANALYSE
Pékin, 7 août 2026. Donald Trump a signé jeudi, dans le Bureau ovale, deux nouveaux décrets restreignant le droit du sol aux États-Unis, cinq semaines après le rejet par la Cour suprême de sa première tentative. « We had a very unfortunate decision in the Supreme Court concerning birthright », a reconnu le président américain en signant les textes, avant d'ajouter : « So we're making adjustments. »
Le premier décret élargit la liste des enfants nés sur le sol américain privés de citoyenneté automatique : ceux dont les parents sont employés d'un gouvernement étranger, membres d'une organisation terroriste étrangère désignée, ou ont obtenu la citoyenneté par fraude. Le texte s'appuie sur la notion d'« alien enemy », catégorie qui inclut les membres d'organisations terroristes désignées et les personnes qualifiées d'« ennemis mondiaux ». Le second décret cible directement le « tourisme des naissances » : il restreint l'entrée sur le territoire américain de tout étranger venu au moyen d'un visa non-immigrant dans le but d'accoucher sur le sol américain. « They're buying their way in, and we're not going to let it happen », a averti Trump.
Les médias chinois rappellent que le 14e amendement, ratifié en 1868, garantit la citoyenneté à « toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et soumise à leur juridiction ». C'est précisément cette clause de juridiction que l'administration Trump réinterprète pour justifier ses exceptions — une manœuvre juridique déjà tentée le jour de son investiture, le 20 janvier 2025, quand un premier décret avait déclaré que les enfants de personnes en situation irrégulière ou de séjour temporaire n'étaient pas « soumis à la juridiction » américaine.
Pour la Chine, dont le droit de la nationalité repose sur le droit du sang et non sur la naissance sur le territoire, l'épisode illustre moins un durcissement migratoire ponctuel qu'une fragilité structurelle du système américain : une norme constitutionnelle vieille de 150 ans, déjà retoquée une fois par la Cour suprême, que l'exécutif tente de contourner par la voie réglementaire plutôt que par une révision. La couverture insiste sur la mécanique institutionnelle — échec judiciaire, contournement, nouvelle contestation attendue — plus que sur les personnes concernées.
