ANGLE DOMINANT
Berne scrute la nouvelle offensive de Donald Trump contre le droit du sol comme un bras de fer juridique dont l'issue reste incertaine, cinq semaines après le camouflet essuyé devant la Cour suprême.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Zentrum für Einwanderungsstudien évalue entre 20 000 et 25 000 le nombre de mères venues accoucher aux Etats-Unis entre 2016 et 2017, sur 3,6 millions de naissances enregistrées en 2025 (SRF)
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Stephen Miller qualifie le tourisme des naissances d'« un des abus les plus graves et flagrants » du droit américain (Le Temps)
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La Cour suprême a jugé le 30 juin que les enfants nés aux Etats-Unis de parents « présents illégalement ou temporairement » restent citoyens en vertu du 14e amendement (Le Temps)
ANALYSE
Berne, 7 août 2026. Cinq semaines après le camouflet infligé par la Cour suprême des Etats-Unis à Donald Trump, la presse suisse détaille la nouvelle offensive du président américain contre le droit du sol. Le 30 juin, la plus haute juridiction avait annulé le décret signé dès le premier jour de son second mandat, jugeant que les enfants nés aux Etats-Unis de parents « présents illégalement ou temporairement » restent citoyens en vertu du 14e amendement, une règle vieille de 150 ans. Jeudi, dans le Bureau ovale, Trump a signé deux nouveaux textes, plus étroitement ciblés selon les correspondants suisses à Washington.
Le premier retire la citoyenneté automatique aux enfants nés de deux parents non-citoyens lorsque l'un d'eux appartient à une organisation terroriste désignée, travaille pour un gouvernement étranger — notamment dans une ambassade —, a obtenu la citoyenneté par fraude, ou réside sur un territoire américain où la citoyenneté n'est pas garantie par la loi fédérale. Le second cible le « tourisme des naissances » : les femmes enceintes venues spécifiquement accoucher aux Etats-Unis pour obtenir la nationalité de leur enfant pourront désormais être poursuivies pénalement.
La correspondante américaine de la SRF, Andrea Christen, rappelle que l'administration Trump estime avoir identifié une marge de manœuvre dans l'arrêt de juin, même si celle-ci est « bien plus restreinte » que le projet initial. Elle souligne aussi qu'aucune loi spécifique contre le tourisme des naissances n'existe à ce jour aux Etats-Unis, même si l'usage d'un visa touristique ou d'affaires à cette fin est déjà interdit depuis 2020. Le Zentrum für Einwanderungsstudien, favorable à une immigration réduite, évaluait entre 20 000 et 25 000 le nombre de mères concernées sur 2016-2017 — à comparer aux 3,6 millions de naissances enregistrées aux Etats-Unis en 2025.
Le Temps relève la petite musique de l'exécutif américain : Stephen Miller, conseiller à l'origine de la politique migratoire dure de Trump, qualifie le tourisme des naissances d'« un des abus les plus graves et flagrants » du droit américain, quand les spécialistes cités rappellent que le phénomène demeure marginal face aux plus de 250 000 naissances annuelles d'enfants de sans-papiers ou de résidents temporaires. Les observateurs suisses à Washington anticipent déjà de nouveaux recours devant les tribunaux.
