ANGLE DOMINANT
Séoul mesure la portée de ces deux décrets à l'aune de son propre système, où la nationalité se transmet par filiation et non par la naissance sur le sol national.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le Korea Times cite le Center for Immigration Studies : entre 20 000 et 25 000 mères par an auraient pratiqué le « tourisme des naissances » entre 2016 et 2017, sur 3,6 millions de naissances aux États-Unis en 2025.
- 02
KBS World précise que les secrétaires d'État et de la Sécurité intérieure reçoivent l'autorité de refuser visa ou entrée à quiconque facilite le tourisme des naissances.
- 03
La Cour suprême a invalidé le premier décret de Trump le 30 juin en s'appuyant sur le 14e amendement, qui garantit la citoyenneté à toute personne née sur le sol américain depuis 150 ans.
ANALYSE
Séoul, 7 août 2026. Deux décrets signés jeudi par Donald Trump à la Maison-Blanche viennent restreindre l'accès automatique à la citoyenneté américaine par naissance sur le sol des États-Unis, cinq semaines après que la Cour suprême a invalidé, le 30 juin, son premier décret sur le sujet. Le Korea Times et KBS World, seuls médias sud-coréens du pool consulté à couvrir l'annonce, en détaillent le contenu sans relayer de réaction officielle de Séoul.
Le premier texte prive de citoyenneté automatique les enfants nés aux États-Unis de deux parents non-citoyens dès lors que l'un d'eux appartient à l'une de plusieurs catégories : membre d'une organisation terroriste étrangère désignée, employé d'un gouvernement étranger, personne ayant obtenu la citoyenneté par fraude, ou résident d'un territoire américain où la nationalité automatique ne s'applique pas. KBS World précise que les secrétaires d'État et de la Sécurité intérieure reçoivent désormais l'autorité de refuser un visa ou une entrée à toute personne cherchant à faciliter le « tourisme des naissances ». Le second décret vise justement cette pratique : l'entrée de femmes enceintes venues accoucher aux États-Unis dans le seul but d'obtenir la nationalité américaine pour leur enfant.
Le Korea Times rappelle qu'aucune loi américaine n'interdisait jusqu'ici explicitement ce tourisme des naissances, seule une réglementation fédérale de 2020 restreignant l'usage de visas touristiques à cette fin. Le média cite une estimation du Center for Immigration Studies : entre 20 000 et 25 000 mères par an auraient eu recours à cette pratique entre 2016 et 2017, sur un total de 3,6 millions de naissances aux États-Unis en 2025.
Trump avait qualifié la décision de la Cour suprême de « very unfair » et « very unfortunate », promettant d'apporter des « ajustements » et de sévir contre le tourisme des naissances. La Cour avait fondé son rejet du premier décret sur le 14e amendement, qui garantit depuis 150 ans la citoyenneté à quasiment toute personne née sur le sol américain, quel que soit le statut migratoire de ses parents.
Pour la Corée du Sud, dont le régime de nationalité repose sur la filiation plutôt que sur le lieu de naissance, l'épisode expose un contraste juridique de fond plus qu'une menace directe : les catégories visées par les décrets — diplomates, agents étatiques étrangers, auteurs de fraude — ne recoupent pas le profil courant des ressortissants sud-coréens aux États-Unis. La couverture, strictement factuelle, ne mentionne ni réaction du gouvernement sud-coréen ni chiffre propre à la communauté coréenne.
