ANGLE DOMINANT
Madrid distingue dans l'exclusion de CNN, MS NOW et Politico une entorse frontale au Premier Amendement plutôt qu'un simple différend éditorial entre l'exécutif et des rédactions rivales.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Plus de 900 journalistes disposent normalement d'un accès permanent à la Maison-Blanche, dont un petit groupe, le press pool, accompagne le président à chacun de ses événements officiels.
- 02
Le vice-président JD Vance affirme que CNN, MS NOW et Politico publient « environ 92 % » de nouvelles négatives sur le président et son administration, pour justifier le retrait de leur accès spécial.
- 03
ABC, CBS, Fox News et NBC ont notifié au gouvernement leur retrait immédiat du pool présidentiel, refusant de transmettre leurs images au reste de la presse en signe de solidarité avec les médias bannis.
ANALYSE
Madrid, 22 septembre 2026. La presse espagnole retient de l'exclusion de CNN, MS NOW et Politico de la Maison-Blanche un épisode « sans précédent dans l'histoire des États-Unis », selon la formule d'El País, qui rappelle que jamais un président n'avait banni un média entier de l'enceinte présidentielle : jusque-là, seuls des journalistes isolés avaient perdu leur accréditation. Plus de 900 journalistes disposent normalement d'un accès permanent à la Maison-Blanche, dont un petit groupe, le press pool, accompagne le président à chacun de ses événements officiels.
Le veto, annoncé vendredi par Donald Trump, est entré en vigueur samedi lorsque le Secret Service a retiré son badge à la journaliste et au cameraman de MS NOW, puis à leurs homologues de CNN. Le président a averti qu'il pourrait étendre la mesure au New York Times et au Washington Post.
Lundi, les trois médias ont annoncé une plainte contre l'administration Trump, invoquant le Premier Amendement de la Constitution. « Cette interdiction ne pourrait être une agression plus directe contre le Premier Amendement ni une violation plus flagrante de nos principes constitutionnels les plus fondamentaux », affirment-ils dans leur communiqué commun, cité par ElDiario.es, qui précise qu'une demande d'urgence sera examinée par un juge fédéral du tribunal de district de Washington, avec une possible audience cette semaine. Les médias dénoncent une décision prise « sans préavis ni procédure ».
La solidarité a dépassé les rangs des trois médias sanctionnés : ABC, CBS, Fox News et NBC, qui se relaient habituellement pour suivre le président avec leurs caméras, ont notifié au gouvernement leur retrait immédiat du pool présidentiel, refusant de transmettre leurs images au reste de la presse. HuffPost España y voit « une vague de solidarité » que Trump n'aurait pas souhaitée.
Face à la fronde, le vice-président JD Vance a tenté de minimiser l'affaire : « Il n'interdit pas les médias de communication. Ce qu'il dit, c'est qu'il ne leur donnera pas d'accès spécial à la Maison-Blanche s'ils se consacrent à ce qui est en réalité de la propagande », a-t-il défendu, avançant que ces trois médias publient « environ 92 % de nouvelles » négatives sur le président et son administration.
SOURCES (3)
- El Pais EnglishMOYEN
- HuffPost EspañaMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
