ANGLE DOMINANT
Rome décrypte l'affrontement comme un bras de fer politique où Donald Trump multiplie les attaques personnelles et lance sa propre chaîne pendant que la justice doit encore trancher.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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CNN, MS NOW et Politico ont saisi lundi la justice fédérale sur la base du Premier amendement, avec une audience d'urgence attendue cette semaine devant le juge Tim Kelly, nommé par Trump
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La Maison-Blanche a lancé lundi à 19h 'Trump TV : The Essentials Station', diffusion continue sur YouTube dont le premier contenu fut un discours de Trump à Mount Rushmore du 3 juillet
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ABC, CBS, NBC, CNN et Fox News se sont retirés du pool présidentiel en signe de solidarité, affirmant dans un communiqué commun que le public a un intérêt vital à recevoir une information exacte et indépendante
ANALYSE
Rome, 22 septembre 2026. La presse italienne suit heure par heure l'escalade entre Donald Trump et trois rédactions américaines, et retient d'abord la théâtralité de la riposte présidentielle plutôt que la seule bataille judiciaire. CNN, MS NOW (ex-Msnbc) et Politico ont annoncé lundi une plainte fondée sur le Premier amendement après le retrait, samedi, de leurs accréditations à la Maison-Blanche. Une audience d'urgence est attendue dès cette semaine devant un tribunal fédéral de Washington, précise l'ANSA, qui note que le dossier a été confié au juge Tim Kelly, nommé par Trump lui-même : un détail que le président a aussitôt commenté sur Truth Social en rappelant que ce même magistrat avait jadis tranché en faveur du journaliste de CNN Jim Acosta.
Mais c'est la contre-attaque médiatique de la Maison-Blanche qui occupe la une des titres italiens. Adnkronos consacre l'essentiel de sa couverture au lancement, lundi à 19h, de « Trump TV : The Essentials Station », une diffusion en continu sur YouTube présentée par le vice-assistant du président Kaelan Dorr comme la réponse à une presse qui « a rapporté de façon inexacte, ou pas du tout, les nombreux succès » de l'administration. Le tout premier programme diffusé n'était pas un fait d'actualité mais un vieux discours de Trump prononcé à Mount Rushmore le 3 juillet.
Rome relève aussi la vigueur du langage présidentiel : sur Truth, Trump a qualifié les journalistes des trois rédactions de « pagliacci di terz'ordine », des clowns de troisième zone qui « profanent » le Bureau ovale, tout en assurant que son administration ne vise pas « la stampa libera » mais « les fake news », comparées à un « cancer » menaçant la sécurité nationale. La Repubblica souligne la réplique des chaînes concurrentes : ABC, CBS, NBC, CNN et même Fox News, pourtant proche du président, ont annoncé se retirer du pool présidentiel plutôt que de couvrir les événements de la Maison-Blanche à la place de CNN, dans un communiqué commun jugeant que « le public a un intérêt vital à recevoir une information exacte et indépendante sur son propre gouvernement ».
Pour la presse transalpine, cette unité rare entre médias habituellement rivaux, survenue le jour même où Trump s'exprimait à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, illustre combien la mesure présidentielle a produit l'effet inverse de celui recherché.
SOURCES (3)
- AdnkronosMOYEN
