ANGLE DOMINANT
Manille reconnaît dans cette révolte des chaînes américaines l'écho direct de ses propres batailles pour la liberté de la presse, de la fermeture d'ABS-CBN aux poursuites contre Rappler.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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CNN, MS NOW et Politico ont annoncé lundi 21 septembre 2026 poursuivre l'administration Trump devant le tribunal fédéral du district de Columbia, invoquant le premier amendement.
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Les cinq grands réseaux américains (ABC, CBS, CNN, Fox, NBC) ont suspendu lundi la couverture en pool de la Maison-Blanche en solidarité avec CNN, empêchant toute couverture télévisée du déplacement de Trump à l'ONU.
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Donald Trump a qualifié les médias de « cancer » et de menace pour la sécurité nationale, tout en affirmant sur Truth Social ne viser que les FAKE NEWS.
ANALYSE
Manille, 22 septembre 2026. Aux Philippines, où Rappler et sa cofondatrice Maria Ressa ont payé cher leurs années de bras de fer avec le pouvoir, l'affrontement entre Washington et ses rédactions résonne comme un miroir familier. Rappler rapporte que CNN, MS NOW et Politico ont annoncé lundi 21 septembre 2026 poursuivre Donald Trump et son administration devant le tribunal fédéral du district de Columbia, après le retrait pendant le week-end des accréditations de leurs journalistes à la Maison-Blanche, décidé vendredi 18 septembre 2026. Les trois rédactions dénoncent une révocation « sans préavis ni procédure » et invoquent le premier amendement, qui protège la liberté de la presse et d'expression. « Cela menace la liberté de la presse et le droit du public à une information indépendante », écrivent-elles dans un communiqué commun cité par Rappler. Une audience d'urgence pourrait se tenir dès cette semaine, selon les trois rédactions.
GMA News insiste sur un fait rare : les cinq grands réseaux américains, ABC, CBS, CNN, Fox et NBC, ont suspendu lundi la couverture en pool de la Maison-Blanche en signe de solidarité avec CNN, qui devait ce jour-là filmer pour l'ensemble des chaînes. Conséquence directe, aucune télévision américaine n'a couvert le déplacement de Trump à l'Assemblée générale des Nations unies à New York. « Aucune administration ne devrait sanctionner un média parce qu'il conteste sa manière de rapporter », ont déclaré les cinq groupes dans un communiqué commun. GMA News rappelle aussi que l'administration « a bouleversé des décennies de tradition » dans ses relations avec la presse, en retirant l'accès à de grands médias tout en mettant en avant de nouveaux organes jugés plus favorables.
Trump, cité par GMA News, qualifie ces médias de « cancer » et de menace pour la sécurité nationale, tout en assurant sur Truth Social ne pas viser « la presse libre » mais mener un assaut contre les « FAKE NEWS ». Pour Manille, où la fermeture d'ABS-CBN en 2020 avait déjà montré combien une accréditation ou une licence peut servir de levier politique contre des rédactions jugées trop critiques, ce bras de fer américain confirme qu'aucune démocratie n'est à l'abri d'un tel usage du pouvoir exécutif contre la presse. La solidarité inédite entre chaînes concurrentes, elle, rappelle que la profession peut encore se serrer les coudes face à une pression commune.
