ANGLE DOMINANT
Riyad mise sur la diplomatie bilatérale plutôt que sur la confrontation, signant à Berlin un accord qui appelle un détroit d'Ormuz revenu «à la normale» sans jamais nommer l'Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le prince Faisal ben Farhan a signé dimanche à Berlin un mémorandum d'entente avec l'Allemagne, appelant le détroit d'Ormuz à « revenir à la normale » sans mentionner l'Iran
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La moyenne sur dix jours du trafic dans le détroit est tombée à dix navires marchands par jour, son plus bas niveau depuis mai, selon des données maritimes citées par Reuters
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L'Iran a annoncé, par la voix de Mohsen Rezaei, la création prochaine d'une nouvelle zone interdite dans le Golfe et de cartes d'un corridor de navigation sous gestion iranienne et omanaise
ANALYSE
Riyad, 7 septembre 2026. Pendant que le trafic dans le détroit d'Ormuz tombe à son plus bas niveau depuis mai, l'Arabie saoudite privilégie la voie diplomatique bilatérale. Le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan, a signé dimanche à Berlin un mémorandum d'entente avec son homologue allemand Johann Wadephul, instaurant un dialogue stratégique entre les deux pays. Selon Saudi Gazette, les deux ministres ont évoqué la situation régionale et insisté sur l'importance de la sécurité et de la sûreté des voies navigables internationales ainsi que sur la liberté de navigation. Ils ont jugé nécessaire que le détroit « revienne à la normale, d'une manière qui renforce la sécurité et la stabilité régionales et maintienne la fluidité du commerce international » — une formule qui ne cite ni l'Iran ni les frappes en cours, mais vise la remise en circulation du couloir énergétique.
Ce langage feutré tranche avec le tableau dressé par Asharq Al-Awsat, qui cite des données maritimes selon lesquelles la moyenne sur dix jours du nombre de navires transitant par le détroit est tombée à dix par jour, son plus bas niveau depuis mai. Le média rapporte aussi l'annonce, par le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Mohsen Rezaei, d'une nouvelle zone interdite dans le Golfe, assortie de cartes d'un corridor de navigation placé sous gestion iranienne et omanaise. Téhéran conditionne la réouverture du détroit à l'arrêt des « sabotages, menaces et attaques » américaines contre l'Iran.
Asharq Al-Awsat détaille par ailleurs l'ampleur du resserrement économique américain : blocus naval, sanctions renforcées, restrictions sur l'accès aux devises. Des sources iraniennes citées reconnaissent que la pression devient difficile à supporter, tandis qu'un responsable du Trésor américain dit vouloir « faire s'effondrer ce régime ». Des officiels américains, israéliens et régionaux, non identifiés, misent sur cette pression pour fragiliser Téhéran de l'intérieur — un pari que des analystes jugent incertain face à la résilience passée du régime.
Pour Riyad, l'équation reste double : préserver la stabilité d'un axe commercial vital pour ses propres exportations tout en évitant, dans sa communication publique, de désigner un camp. Le partenariat noué avec Berlin illustre cette ligne : consolider des soutiens diplomatiques européens sans s'aligner frontalement sur le rapport de force militaire qui se joue dans le détroit.
