ANGLE DOMINANT
France mesure combien la paralysie du détroit d'Ormuz redessine déjà les routes du brut, alors que TotalEnergies s'apprête à rejoindre le consortium syrien censé la contourner.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon l'analyse AFP des données Kpler, le trafic de navires de matières premières est tombé à une moyenne de 10 transits par jour depuis le verrouillage du détroit le 1er mars, contre 95 transits quotidiens en février, et deux tiers des transits sont devenus « fantômes » depuis le 8 juillet.
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L'Iran a annoncé dimanche la création prochaine d'une nouvelle « zone interdite » près d'Ormuz : elle commencera sur la ligne du blocus américain et tout navire y pénétrant sera placé sur une liste de sanctions, selon Mohsen Rezaï.
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L'armée américaine a frappé samedi trois pétroliers iraniens près de Kharg, Jask et dans le golfe d'Oman ; les Gardiens de la révolution ont revendiqué en retour des frappes sur trois pétroliers et trois navires liés aux États-Unis.
ANALYSE
Paris, 7 septembre 2026. L'écart entre le discours de la Maison Blanche et les chiffres du trafic maritime nourrit la lecture française du dossier Ormuz. Le vice-président JD Vance avait assuré cette semaine que le passage de pétrole et de gaz avait « presque » retrouvé ses niveaux d'avant-guerre. Une affirmation que l'analyse des données Kpler, citée par l'AFP, dément : le trafic de navires de matières premières est tombé à une moyenne de dix transits par jour depuis le verrouillage du détroit par Téhéran le 1er mars, contre 95 transits quotidiens en février. Depuis le 8 juillet, les deux tiers des passages sont devenus « fantômes » ou inconnus, contre moins de 1 % avant la guerre.
Sur ce fond de paralysie, l'Iran a annoncé dimanche la création prochaine d'une nouvelle « zone interdite » dans le Golfe. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, a précisé qu'elle « commencera sur la ligne du blocus de la marine américaine » et que tout navire y pénétrant serait placé sur une liste de sanctions, un dispositif qui s'ajoute au verrouillage du détroit par Téhéran et au blocus américain des ports iraniens.
Les échanges militaires se sont intensifiés dans le même temps. L'armée américaine a frappé samedi trois pétroliers iraniens près de Kharg, de Jask et dans le golfe d'Oman, l'amiral Brad Cooper prévenant : « Si vous tirez sur deux de nos navires, nous vous imposerons un prix économique encore plus grand : vous en prendre trois. » Les Gardiens de la révolution ont revendiqué en retour des frappes sur trois pétroliers dans le détroit et trois navires liés aux États-Unis, avant qu'un porte-parole du Centcom, Tim Hawkins, ne qualifie de « pur mensonge » une nouvelle attaque de drone revendiquée par Téhéran.
Pour la diplomatie française, un autre développement mérite attention : le projet d'oléoduc Bassora-Baniyas porté par Chevron, présenté par l'administration Trump comme un moyen de rendre Ormuz « négligeable », pourrait voir un consortium associer TotalEnergies aux côtés d'investisseurs syriens et qatariens, un contrat définitif étant espéré ce mois-ci. Paris mesure ainsi une redéfinition des routes du brut qui dépasse le seul face-à-face militaire, à l'approche des élections de mi-mandat américaines que Donald Trump cherche à préserver de tout embrasement.
