ANGLE DOMINANT
Buenos Aires analyse une escalade qui s'auto-alimente entre Washington et Téhéran, où chaque frappe appelle une riposte plus dure autour du détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Les Gardiens de la révolution affirment avoir attaqué dimanche un drone naval américain qui tentait d'entrer dans une « zone protégée » du détroit d'Ormuz, sans confirmation de Washington.
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Washington affirme avoir « neutralisé de façon permanente » deux pétroliers iraniens et « entièrement détruit » un troisième, les accusant de financer les Gardiens de la révolution à hauteur de plusieurs milliards de dollars.
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Le commandant du CENTCOM, Brad Cooper, a averti que toute attaque contre deux navires américains entraînerait une riposte contre trois navires iraniens.
ANALYSE
Buenos Aires, 7 septembre 2026. La presse argentine décrit une spirale d'attaques réciproques entre Washington et Téhéran qui, jour après jour, resserre l'étau autour du détroit d'Ormuz. Selon Ámbito, les Gardiens de la révolution affirment avoir visé dimanche « un véhicule de surface militaire américain sans pilote » qui tentait de pénétrer dans une « zone protégée » du détroit — un épisode que Washington n'a pas confirmé. L'attaque survient au lendemain de frappes américaines contre trois pétroliers iraniens, que le Pentagone dit avoir « neutralisés de façon permanente » pour deux d'entre eux et « entièrement détruit » pour le troisième, les accusant d'appartenir à un réseau clandestin finançant les Gardiens de la révolution « à hauteur de plusieurs milliards de dollars ». Un des navires visés mouillait au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien ; un autre près du détroit ; le troisième dans le golfe d'Oman. Téhéran qualifie ces frappes d'« acte de désespoir face à la fermeture » du passage.
Clarín, citant l'agence AP, rappelle que la guerre a débuté le 28 février avec des frappes américano-israéliennes, qu'un cessez-le-feu annoncé en juin n'a jamais tenu, et que les combats ont repris la semaine dernière après un mois d'accalmie relative. Au moins cinq personnes sont mortes en début de semaine dans un bombardement américain dans le sud de l'Iran. Le président Donald Trump a lui-même minimisé la portée de l'engagement vendredi, assurant que les États-Unis ne mènent que des « bombardements ponctuels » et qu'il ne s'agit pas d'une guerre mais d'« un conflit militaire, car pour nous c'est peu de chose ».
Les deux journaux relèvent la ligne dure assumée par le commandement américain : le général Brad Cooper (CENTCOM) a prévenu que « s'ils attaquent deux de nos navires, nous imposerons un prix encore plus élevé, nous en attaquerons trois des leurs ». Un mémorandum signé mi-juin entre Washington et Téhéran s'est effondré peu après sa signature, et les diplomaties américaine, britannique, française et allemande cherchent à ramener l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour manquement à ses obligations de non-prolifération.
Sur le plan économique, Ámbito note que le pétrole reculait vendredi tout en s'orientant vers un gain hebdomadaire après la reprise du conflit — un indicateur suivi de près en Argentine, pays exportateur d'hydrocarbures via Vaca Muerta. L'escalade s'étend aussi au Yémen, entre houthis proiraniens et forces gouvernementales, et au Liban, entre Israël et le Hezbollah, dessinant un front régional que la presse argentine relie directement au sort du détroit.
