ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure la crise du détroit d'Ormuz à l'aune du bras de fer économique entre le blocus américain et la résistance affichée par Téhéran, plus qu'à celle des seules manœuvres militaires.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Mohsen Rezaei a annoncé qu'une zone interdite serait proclamée « dans les prochains jours » autour du détroit d'Ormuz et de portions du Golfe, tout navire y entrant étant inscrit sur une liste de sanctions
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Le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright affirme que les transits par le détroit atteignent plus de 9 millions de barils par jour, soit deux tiers ou plus des flux d'avant-guerre
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L'analyste Arash Azizi estime que « le rapport de force a légèrement basculé contre l'Iran », qui n'est pas parvenu à fermer le détroit assez pour provoquer le choc économique mondial espéré
ANALYSE
Islamabad, 7 septembre 2026. Dans les dépêches reprises par la presse pakistanaise sur le front d'Ormuz, la bataille se joue autant sur les chiffres que sur l'eau. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a annoncé dimanche qu'une zone interdite serait proclamée « dans les prochains jours » autour du détroit et de portions du Golfe, tout navire y pénétrant étant inscrit sur une liste de sanctions, rapporte l'Express Tribune.
Washington conteste que le passage soit fermé. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, affirme que les transits par le détroit atteignent « plus de 9 millions de barils par jour », soit « les deux tiers, voire plus » des flux d'avant-guerre : « les Iraniens causent encore des ennuis, mais la marine américaine est en train de gagner cette bataille. » Le porte-parole iranien Esmail Baghaei renverse l'accusation, soutenant que le détroit était « grand ouvert » jusqu'au 28 février, date de l'attaque américano-israélienne, et que Washington tente de présenter « la facture d'une perturbation qu'il a lui-même créée ».
C'est sur le terrain économique que l'étau se resserre le plus, selon Business Recorder. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent décrit un « uppercut en deux temps » associant blocus naval et sanctions : « cela va marcher en Iran, et nous allons faire s'effondrer ce régime. » L'analyste Arash Azizi note que « le rapport de force a légèrement basculé contre l'Iran », Téhéran n'étant pas parvenu à fermer le détroit assez pour provoquer le choc mondial espéré. Trois sources iraniennes reconnaissent que la campagne américaine devient « de plus en plus difficile à supporter ».
Téhéran affiche néanmoins sa résistance : le ministre du Pétrole Mohsen Paknejad rappelle que l'île de Kharg, frappée environ 550 fois, continue de fonctionner, et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf prévient que les infrastructures pétrolières américaines dans le Golfe restent « exposées » à des représailles. Le commandant naval américain Brad Cooper a averti que Washington « détruirait » trois navires iraniens pour chaque attaque visant deux bâtiments américains.
Pour Islamabad, dépendant du brut acheminé par mer, cette guerre d'usure entre blocus et contre-blocus pèse sur la facture énergétique régionale, bien avant tout dénouement diplomatique.
