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D'un continent à l'autre, la flambée du gazole ne suscite pas la même réponse : la Grèce et la Hongrie aident leurs automobilistes quand le Bangladesh et la Bolivie coupent leurs subventions, pendant que le Mexique y voit un problème de vol de carburant et les États-Unis, une fracture interne aux républicains.
Aucune coordination internationale n'a été arrêtée : chaque État agit seul, sans mesure commune décidée à ce jour.
Au Mexique, la hausse mondiale n'est pas le sujet : c'est le carburant volé qui l'est. El Financiero rapporte que le département du Trésor américain a identifié des stations-service liées au Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), fondé par Nemesio Oseguera Cervantes et dirigé, depuis la mort d'« El Mencho » le 22 février, par son beau-fils Juan Carlos Valencia, dit « El 03 ».
Le « huachicol » — le vol de carburant aux oléoducs de Pemex — compte parmi les principales sources de revenus non liées à la drogue du cartel, selon l'OFAC, cité par El Financiero. Le réseau a été repéré dans le Jalisco, le Veracruz et le Michoacán, où Iván Cazarín Molina, dit « El Tanque », est accusé d'avoir pillé les oléoducs avant d'écouler le carburant via onze stations-service.
Le même jour, la Fiscalía General de la República a transféré à son unité de criminalité organisée l'enquête sur plus de 59 millions de litres de combustible non accrédité saisis à San José Iturbide, dans le Guanajuato, faute de documents prouvant l'origine de l'hydrocarbure. Le secrétaire à la Sécurité, Omar García Harfuch, a annoncé des arrestations à venir.
En Grèce, Kyriakos Mitsotakis a choisi la subvention ciblée plutôt que la baisse générale de taxe. Dans son bilan hebdomadaire de dimanche, le Premier ministre annonce une intervention sur le fioul domestique pour ramener son prix de départ sous 1,75 euro le litre, contre environ 2 euros sans intervention, et étend l'allocation chauffage à tous les foyers quelle que soit leur source d'énergie. Il conditionne une baisse temporaire de la fiscalité des carburants routiers à un feu vert de l'Union européenne, encore attendu.
« Cette décision va provoquer davantage d'inflation, mais c'est la décision correcte, nous devions la prendre »
En Hongrie, le Trésor public verse depuis lundi une compensation automatique de 20 000 forints, en quatre tranches, aux propriétaires de véhicules exclusivement diesel de 150 chevaux au maximum, sans qu'aucune demande ne soit nécessaire : l'administration fiscale puise directement dans le registre des véhicules. Le gouvernement calcule que cette somme doit couvrir un écart d'environ 5 000 forints par plein face à l'ancien prix protégé.
À l'inverse, le Bangladesh a relevé lundi ses prix administrés de 20 takas le litre, une deuxième hausse depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement du BNP en février, justifiée par les pertes de la compagnie publique BPC. La décision a provoqué une mise en demeure interne au parti : à Chittagong, la direction du Chhatra Dal, l'organisation étudiante du BNP, a sommé un responsable local de s'expliquer après qu'il a critiqué la hausse sur Facebook.
En Bolivie, le président Rodrigo Paz a supprimé vendredi toute subvention au diesel, portant son prix à 17,95 bolivianos le litre — désormais supérieur à celui du Brésil, du Chili et de l'Argentine, seul le Pérou restant plus cher dans la région. Les transporteurs de La Paz et de Santa Cruz ont répondu par des menaces de blocage, et la ville de La Paz réclame déjà 63 millions de bolivianos de plus pour maintenir son réseau de bus.
Aux États-Unis, la flambée du diesel ravive un débat interne au camp au pouvoir, à 45 jours des élections de mi-mandat. Samedi soir, le sénateur républicain de l'Iowa Chuck Grassley a publiquement pressé Donald Trump d'imposer un embargo sur les exportations américaines de diesel, comparant la situation aux embargos agricoles des années 1970, selon The Hill.
« pourquoi le président Trump ne met-il pas un embargo sur les exportations de diesel, comme les présidents des années 70 ont mis des embargos sur les produits agricoles parce que les prix alimentaires étaient gonflés »
The Hill relève que la Maison Blanche n'a, à ce stade, pas tranché publiquement sur cette demande, ouvrant une ligne de fracture entre élus protectionnistes et exécutif silencieux, alors que l'humeur économique des électeurs se dégrade avant le scrutin.
Sur le terrain, CNBC décrit un triple étau qui frappe les entreprises américaines : droits de douane, flambée des carburants et remontée des taux de la Réserve fédérale, une première hausse en trois ans. Chez Original Saw Co., fabricant de scies industrielles de 25 salariés dans l'Iowa, le patron Allen Eden raconte qu'un support pour moteurs de scie est passé de 42 à 87 dollars cet été, l'obligeant à stocker davantage de pièces par crainte d'une pénurie.
Au Nigeria, le régulateur NMDPRA a rappelé le 19 septembre qu'il ne fixe pas les prix à la pompe, la loi sur l'industrie pétrolière ne l'autorisant à intervenir qu'en cas de défaillance de marché « formellement déclarée » — non constatée à ce jour ; il promet en échange une surveillance renforcée contre la spéculation. Le président Bola Tinubu mise sur une autre voie, la conversion au gaz naturel comprimé : plus de 120 000 véhicules déjà convertis, plus de 90 stations ouvertes, et une consigne aux gouverneurs de répercuter ces économies sur les tarifs de transport dès le 1er octobre.
Au Pérou, sans subvention ni taxe à ajuster, l'État mise sur la transparence : la plateforme publique Facilito, gérée par le régulateur Osinergmin, affiche les prix déclarés station par station, avec un écart pouvant atteindre 3,80 soles par galón de diesel entre les quartiers de Lima. La même presse péruvienne relie la flambée mondiale à une frappe de drones ukrainiens sur la raffinerie moscovite de Kapotnia, qui a fait trois morts et forcé la Russie à rationner l'essence dans sa capitale.
En Afrique du Sud, la couverture ne mentionne aucun prix intérieur à la pompe : le fisc (Sars) ouvre lundi l'enregistrement à un nouveau système de remboursement du gazole, désormais détaché de la TVA, qui impose pour la première fois aux vendeurs de s'enregistrer comme les utilisateurs, sous peine de voir leurs réclamations rejetées.
À Abuja, dix litres d'essence à 1430 nairas absorbent plus d'un cinquième du salaire minimum mensuel.
La presse mexicaine relie la hausse au vol de carburant aux oléoducs de Pemex, non au marché mondial.
La Russie limite à 30 litres par véhicule la vente d'essence après une frappe de drones sur une raffinerie.
Le fisc sud-africain (Sars) ouvre lundi un système de remboursement du gazole détaché de la TVA.
10 perspectives, chacune dans la voix de la presse de son pays.
Abuja mesure la flambée en salaires perdus : dix litres d'essence à 1 430 nairas engloutissent plus d'un cinquième du salaire minimum mensuel, pendant que tricycles et taxis répercutent la hausse sur chaque trajet de la capitale fédérale.
6 sources
Lima compare, quartier par quartier, ce que coûte un plein de galón pendant que Moscou rationne l'essence après une frappe de drones sur une raffinerie.
2 sources
Washington affronte une fracture interne au camp républicain : un sénateur allié de Trump réclame un embargo sur les exportations de diesel, quand la Maison Blanche n'a pas tranché à 45 jours des midterms.
2 sources
Pretoria retient de la flambée du gazole d'abord sa propre plomberie fiscale : la refonte du système de remboursement du Sars, plutôt que le choc politique qui secoue Washington.
3 sources
Dhaka assume une hausse administrée de 20 takas par litre et affronte une contestation jusque dans les rangs de son propre parti étudiant.
2 sources
Bolivie assume un choix à contre-courant : le gouvernement a supprimé sa subvention au diesel quand ses voisins la renforcent, acceptant la flambée des prix et la colère du transport.
3 sources
Paris arbitre entre aides ciblées et contrainte budgétaire pendant que le gazole record s'invite dans la campagne présidentielle et pousse Emmanuel Macron à chercher, depuis New York, des garanties d'approvisionnement
6 sources
Athènes réplique à la flambée des carburants par des aides ciblées et réserve la baisse de taxe à un feu vert de Bruxelles qui tarde à venir.
2 sources
Budapest tranche pour une aide ciblée automatique plutôt qu'un retour au prix protégé, en versant 20 000 forints en quatre fois aux propriétaires de diesel.
5 sources
Le Mexique dissocie la flambée mondiale du gazole de son propre dossier : le carburant volé aux oléoducs de Pemex et revendu dans des stations-service liées au crime organisé.
3 sources
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
Les dix perspectives situent leur dossier dans le contexte d'une hausse ou d'un record des prix du carburant survenu au cours des derniers jours, que ce soit sur leur propre marché intérieur ou par référence aux niveaux atteints ailleurs.
Dans chacun des pays couverts, un acteur public — gouvernement, régulateur, élu ou administration fiscale — intervient publiquement dans le débat sur le prix du carburant, par une mesure appliquée, une prise de position ou une action engagée.
Face à la hausse des coûts, certains pays prolongent ou créent une aide pour amortir le prix payé par les consommateurs, quand d'autres relèvent les prix administrés ou suppriment une subvention publique existante.
Couvertures qui divergent
Sur la même flambée des prix, certaines perspectives la relient explicitement à un contexte international (guerre, frappe sur une raffinerie), quand d'autres la traitent principalement comme un dossier intérieur distinct, sans détailler ces causes.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Ce regroupement décrit les publications analysées, pas la position des habitants de ces pays ni celle de leurs gouvernements.
ANGLE DOMINANT
Abuja mesure la flambée en salaires perdus : dix litres d'essence à 1 430 nairas engloutissent plus d'un cinquième du salaire minimum mensuel, pendant que tricycles et taxis répercutent la hausse sur chaque trajet de la capitale fédérale.
POINTS CLES
ANALYSE
Abuja, 21 septembre 2026. À la pompe, la flambée mondiale du gazole et de l'essence prend au Nigeria un visage très concret : celui du tricycle qui double sa course et du salaire minimum qui ne suffit plus. Dimanche 20 septembre, l'essence se vendait entre 1 410 et 1 450 nairas le litre dans plusieurs villes, contre 1 265 nairas un mois plus tôt, après une hausse de 85 nairas du prix départ-raffinerie fixé par Dangote Petroleum Refinery, passé de 1 265 à 1 350 nairas le litre. Conséquence immédiate à Abuja : les tricycles ont relevé leurs tarifs sur plusieurs itinéraires de la capitale fédérale, de Gudu à Lokogoma le trajet passe de 200 à 300 nairas, de Kabusa à Apo de 300 à 400, de Dutse à Tipper Garage de 400 à 500 nairas, rapporte Punch Nigeria.
Le calcul que fait Vanguard Nigeria est celui d'un salaire qui fond : au salaire minimum national de 70 000 nairas par mois, dix litres d'essence à 1 430 nairas coûtent 14 300 nairas, « plus d'un cinquième d'un salaire mensuel complet », avant même le loyer, l'école ou les soins médicaux. Le journal insiste, la question du prix du carburant « ne peut plus être examinée seulement du point de vue de la dérégulation, des forces du marché » ou du cours du brut, mais d'abord du point de vue humain.
Le régulateur, la NMDPRA, se défausse de toute fixation des prix : « L'Autorité ne fixe pas les prix à la pompe et n'émet pas de barèmes administratifs », a-t-elle rappelé le 19 septembre, invoquant la loi sur l'industrie pétrolière qui réserve toute intervention publique aux cas de défaillance de marché « formellement déclarée » — non constatée à ce jour. Elle promet en échange une surveillance renforcée contre la spéculation, la contrebande et les pratiques anticoncurrentielles.
Le président Bola Tinubu propose une autre voie : accélérer la conversion au gaz naturel comprimé. Plus de 120 000 véhicules ont déjà été convertis, plus de 90 stations CNG ouvertes et 400 centres de conversion certifiés, et les gouverneurs sont sommés de répercuter ces économies sur les tarifs de transport dès le 1er octobre. Signe que le marché reste fragmenté d'une ville à l'autre, les prix reculent au même moment à Calabar, Warri et Port Harcourt — jusqu'à 1 330 nairas le litre — grâce à une offre Dangote plus abondante hors de Lagos, où le litre reste ferme autour de 1 350 nairas.
ANGLE DOMINANT
Lima compare, quartier par quartier, ce que coûte un plein de galón pendant que Moscou rationne l'essence après une frappe de drones sur une raffinerie.
POINTS CLES
ANALYSE
Lima, 21 septembre 2026. Pendant que la France bat des records de gazole et que Washington envisage un embargo sur ses exportations de diesel, la capitale péruvienne affronte le même renchérissement des carburants par un autre biais : la transparence des prix, quartier par quartier.
Ce dimanche 20 septembre, le galón de gasohol regular s'est vendu entre 19,49 et 22,49 soles à Lima Metropolitana, et le diesel B5 S-50 UV entre 23,19 et 26,99 soles, selon les données déclarées par les stations-service sur la plateforme Facilito de l'Organisme superviseur de l'investissement en énergie et mines (Osinergmin), rapporte Infobae Pérou. L'écart entre le prix minimum et maximum du gasohol regular atteint 2,54 soles par galón, et grimpe à 3,80 soles pour le diesel — une dispersion que l'organisme public affiche en clair pour que chaque automobiliste puisse comparer avant de faire le plein.
Contrairement à la France, où des automobilistes traversent la frontière vers l'Andorre, l'Espagne ou la Belgique, ou à la Grèce et la Hongrie, qui ont choisi la subvention, le Pérou ne mobilise ici aucun dispositif budgétaire : l'État se limite à publier les tarifs déclarés par les grifos et à indiquer la station la moins chère à proximité, via le site facilito.gob.pe ou son application mobile. Les quartiers de Villa El Salvador, Comas et Carabayllo affichaient dimanche les tarifs les plus bas de la capitale, selon Infobae, illustrant un arbitrage à l'échelle du district plutôt qu'à celle de la frontière nationale.
L'origine du choc mondial, elle, transparaît dans une tout autre dépêche du pool péruvien : El Comercio rapporte que la Russie a limité à 30 litres par véhicule la vente d'essence à Moscou après une attaque de drones ukrainiens contre la raffinerie de Kapotnia, dans la nuit, qui a fait trois morts et plus de vingt blessés. La même installation, appartenant à Gazprom Neft, avait déjà été frappée en juin. L'épisode, qui coïncide avec des élections législatives russes, illustre pour la presse péruvienne le lien entre frappes sur les raffineries et pénurie à la pompe que Paris et Washington attribuent au détroit d'Ormuz et à la guerre.
Sans levier de subvention ni de taxe à ajuster dans l'immédiat, Lima mise sur l'information du consommateur comme seule réponse disponible face à une flambée dont la presse locale décrit surtout les conséquences ailleurs.
ANGLE DOMINANT
Washington affronte une fracture interne au camp républicain : un sénateur allié de Trump réclame un embargo sur les exportations de diesel, quand la Maison Blanche n'a pas tranché à 45 jours des midterms.
POINTS CLES
ANALYSE
Washington, 21 septembre 2026. À quarante-cinq jours des élections de mi-mandat, la flambée du diesel vire au casse-tête politique pour le camp républicain. Le sénateur de l'Iowa Chuck Grassley a publiquement pressé Donald Trump d'imposer un embargo sur les exportations américaines de diesel, comparant la situation aux embargos agricoles des années 1970 : « pourquoi le président Trump ne met-il pas un embargo sur les exportations de diesel, comme les présidents des années 70 ont mis des embargos sur les produits agricoles parce que les prix alimentaires étaient gonflés », a-t-il écrit samedi soir sur les réseaux sociaux, selon The Hill.
La moyenne nationale du diesel a bondi de 42 cents en une semaine, une hausse que The Hill attribue en grande partie à la guerre américaine en cours contre l'Iran. Le média souligne que la flambée constitue un nouveau casse-tête économique pour un parti républicain déjà sur la défensive, l'humeur économique des électeurs se dégradant à quarante-cinq jours du scrutin.
Sur le terrain, la pression se traduit en dollars et en stocks. CNBC décrit un triple étau qui frappe les entreprises américaines : les droits de douane renchérissent les matières premières, la flambée des carburants alourdit le transport, et la remontée des taux d'intérêt de la Réserve fédérale, la première hausse en trois ans avec une autre jugée possible, complique le financement des stocks. Chez Original Saw Co., fabricant de scies industrielles de 25 salariés basé à Britt, dans l'Iowa, le patron Allen Eden raconte qu'un simple support pour moteurs de scie est passé de 42 à 87 dollars cet été. « C'est terrible », dit-il, expliquant qu'il stocke désormais davantage de pièces « parce que je ne sais pas si on pourra encore s'en procurer plus tard ».
Ce tableau dessine une ligne de fracture interne au camp Trump : d'un côté des élus républicains qui réclament une intervention protectionniste sur les exportations, de l'autre une Maison Blanche qui n'a, selon The Hill, pas tranché publiquement. Le sujet s'invite dans la campagne des midterms alors que les prix à la pompe pèsent autant sur les ménages que sur les chaînes d'approvisionnement industrielles. Aucune décision n'a pour l'heure été annoncée côté exécutif, tandis que d'autres pays ont déjà choisi la voie de subventions ciblées plutôt que celle d'une restriction commerciale sur les carburants.
ANGLE DOMINANT
Pretoria retient de la flambée du gazole d'abord sa propre plomberie fiscale : la refonte du système de remboursement du Sars, plutôt que le choc politique qui secoue Washington.
POINTS CLES
ANALYSE
Pretoria, 21 septembre 2026. Alors que le gazole s'envole à Paris et franchit un nouveau seuil aux États-Unis, la presse sud-africaine retient d'abord la mécanique fiscale qui organise, chez elle, la répercussion du prix du gazole sur les secteurs productifs. Le South African Revenue Service (Sars) ouvre ce lundi 21 septembre l'enregistrement à un système de remboursement du gazole désormais détaché de la TVA, dans le cadre de son projet de modernisation des droits d'accise. Fait nouveau : vendeurs et utilisateurs devront tous deux s'enregistrer, alors que seuls les utilisateurs étaient concernés jusqu'ici ; toute réclamation portant sur du gazole acheté auprès d'un vendeur non enregistré sera désormais rejetée. Selon Amanda Nkwanyana, associée du cabinet Webber Wentzel citée par Moneyweb, ce système autonome « devrait en principe simplifier l'administration et donner au Sars comme aux contribuables une meilleure visibilité sur les enregistrements et les réclamations ». Huit filières restent éligibles à la ristourne : agriculture, pêche, mines terrestres, mines et transport maritime offshore, transport portuaire, fret ferroviaire et production électrique — et les sous-traitants opérant « on a wet basis » pour le compte d'un tiers y accèdent désormais aussi, alors qu'ils en étaient exclus. Le calendrier retenu, égrené vendredi par de hauts responsables du fisc, prévoit un déploiement par phases dans les prochains mois, la première étant l'enregistrement des utilisateurs et des vendeurs. À l'autre bout de la chaîne, la presse sud-africaine relaie aussi le malaise politique américain : chez Trump, la flambée du gazole, conséquence directe de la guerre avec l'Iran, nourrit une « frustration généralisée » à sept semaines des élections de mi-mandat, selon des sondages cités par TimesLIVE et Business Day. Le président a lui-même minimisé l'impact en Caroline du Nord, jugeant que « c'est un prix très bon marché à payer pour ce que nous avons fait ». Pour Pretoria, le contraste est net : quand Washington gère l'onde de choc politique d'une guerre qui pèse sur les électeurs, l'Afrique du Sud ajuste en silence la plomberie administrative de sa propre fiscalité du gazole, sans qu'aucun chiffre sur le prix à la pompe intérieur ne soit avancé dans la couverture locale.
ANGLE DOMINANT
Dhaka assume une hausse administrée de 20 takas par litre et affronte une contestation jusque dans les rangs de son propre parti étudiant.
POINTS CLES
ANALYSE
Dhaka, lundi 21 septembre 2026. Le gouvernement bangladais a relevé de 20 takas par litre les prix administrés du gazole, de l'essence, de l'octane et du kérosène, avec effet ce lundi. Le gazole passe de 115 à 135 takas (+17,4 %), l'octane de 145 à 165 takas (+13,8 %), l'essence de 140 à 160 takas (+14,3 %) et le kérosène de 135 à 155 takas (+14,8 %), selon la notification publiée par la Division de l'énergie et des ressources minérales dans la soirée de dimanche 20 septembre. C'est la deuxième hausse décidée par le gouvernement du BNP depuis son arrivée au pouvoir en février, après un premier relèvement en avril.
La Division de l'énergie justifie la mesure par la guerre en cours au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix internationaux des produits pétroliers et le fret, et par la nécessité de réduire les pertes de la compagnie publique BPC — 22 875,66 crores de takas depuis mars —, d'économiser des devises et de limiter la contrebande.
La décision expose le pouvoir à une contestation qui déborde jusque dans ses propres rangs. À Chittagong, la direction centrale du Chhatra Dal, l'organisation étudiante du BNP, a mis en demeure un responsable local, Sazzad Hossain Hridoy, après qu'il a publié samedi 19 septembre un message Facebook où il disait avoir protesté contre la hausse, rappelant avoir toujours milité contre les augmentations de carburant, de gaz et d'électricité. Sommé de s'expliquer sous 48 heures devant sa hiérarchie, il a répondu rester loyal à l'organisation.
Sur le plan économique, Selim Raihan, directeur exécutif du Sanem et professeur à l'université de Dhaka, a averti que la hausse alourdirait les coûts de transport, de production et d'approvisionnement, aggravant la pression inflationniste, sans que le gouvernement n'ait exposé de stratégie claire pour la contenir. Il pointe aussi l'absence de discussion sur les faiblesses institutionnelles du secteur énergétique et sa fiscalité, ainsi qu'une dépendance croissante à l'emprunt public face à un investissement privé atone.
La Bourse de Dhaka a immédiatement réagi : l'indice DSEX a perdu jusqu'à 27 points en vingt minutes lundi matin, avant de se stabiliser autour de 5 569 points, et l'indice DS30 des valeurs vedettes a cédé 9 points, dans un marché où 190 titres reculaient contre 118 en hausse.
ANGLE DOMINANT
Bolivie assume un choix à contre-courant : le gouvernement a supprimé sa subvention au diesel quand ses voisins la renforcent, acceptant la flambée des prix et la colère du transport.
POINTS CLES
ANALYSE
La Paz, lundi 21 septembre 2026. En Bolivie, le débat n'est pas de préserver une subvention mais d'en gérer la disparition brutale. Le président Rodrigo Paz a annoncé vendredi 18 septembre l'élimination totale de l'aide publique au diesel, dont le prix a immédiatement bondi à 17,95 bolivianos le litre, environ 1,63 dollar, fixé par le décret suprême 5716 signé vendredi soir. Le porte-parole présidentiel José Luis Gálvez a reconnu que la mesure « provoquera davantage d'inflation » mais l'a défendue comme « la décision correcte », rappelant que l'État dépensait 55 millions de dollars par semaine, plus de 6 milliards par an, pour maintenir le subside.
Le nouveau prix bolivien dépasse désormais presque tous les pays voisins : selon un comparatif cité par la Chambre des agro-entrepreneurs de Cochabamba, le Brésil paie 1,28 dollar le litre, le Chili 1,32, l'Argentine 1,52 — seul le Pérou, à 1,96 dollar, reste plus cher. YPFB assure de son côté que le prix de l'essence, lui, reste inchangé, et dément toute pénurie aux stations-service.
La rue a répondu vite. Le secteur des citernes, qui achemine le carburant depuis le Pacifique et l'Atlantique, a menacé de paralyser le déchargement dans tout le pays ; les transporteurs interprovinciaux de La Paz ont annoncé un blocage des routes dès lundi ; à Santa Cruz, 4 000 minibus cessent de circuler malgré un accord municipal maintenant le ticket à 3 bolivianos. Les Six Fédérations du Trópico de Cochabamba, bastion syndical de l'ancien président Evo Morales, ont décrété l'état d'urgence et lient la mesure à des « intérêts étrangers ».
Le gouvernement a ouvert des tables de dialogue dimanche à Santa Cruz avec les transporteurs, obtenant un accord avec trois fédérations départementales qui évite l'arrêt du service lundi. Les municipalités chiffrent déjà la facture : La Paz réclame 63 millions de bolivianos supplémentaires pour maintenir son réseau de bus PumaKatari. Les éleveurs de volaille de Santa Cruz anticipent une hausse du poulet, de 15 à 22 bolivianos le kilo. Sur le terrain, l'Agence nationale des hydrocarbures a saisi plus de 10 000 litres de carburant en une semaine d'opérations contre la revente et le stockage illégal, tandis que la douane assouplit les procédures d'importation pour sécuriser l'approvisionnement, dans un pays qui reste sous état d'exception.
ANGLE DOMINANT
Paris arbitre entre aides ciblées et contrainte budgétaire pendant que le gazole record s'invite dans la campagne présidentielle et pousse Emmanuel Macron à chercher, depuis New York, des garanties d'approvisionnement
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, 21 septembre 2026. Le gazole a battu un nouveau record en France dimanche, à 2,4097 euros le litre en moyenne, selon l'analyse de l'AFP à partir des prix affichés par plus de 8 700 stations-service sur le site du ministère de l'Économie, Prix-carburants.gouv.fr. Le sans-plomb 95 s'établit à 2,17 euros, le SP98 à 2,28 euros. Depuis le 11 septembre, la moyenne du gazole ne redescend plus sous 2,30 euros ; jeudi, près de 700 stations affichaient plus de 2,50 euros le litre, dont environ 70 au-delà de 2,70 euros.
Face à cette flambée, alimentée selon la presse française par les tensions au Moyen-Orient et les perturbations d'approvisionnement pétrolier, Sébastien Lecornu préside lundi deux réunions à Matignon : la première, à 11 heures, avec neuf ministres et des directeurs d'administrations centrales, consacrée à l'approvisionnement en carburants ; la seconde, à 15h30, dédiée à « l'accompagnement à court et moyen terme » des Français. Le gouvernement envisage d'étendre ou d'augmenter la prime « gros rouleurs » de 100 euros, prolongée au-delà du 30 septembre selon le ministre du Commerce Serge Papin, alors que seuls 1,5 million des 3 millions de bénéficiaires potentiels l'ont pour l'instant demandée.
La crise s'invite dans la campagne présidentielle. Manuel Bompard, de La France insoumise, fustige un « déni de réalité » gouvernemental et réclame un blocage des prix à la pompe. Marine Le Pen propose une TVA à 5,5 %, chiffrée entre 12 et 15 milliards d'euros, que le gouvernement juge « intenable ». Raphaël Glucksmann demande le triplement du chèque énergie à 500 euros. Emmanuel Macron, qui a reconnu que le marché mondial de l'énergie était « sous tension », doit être interviewé jeudi à 20 heures sur TF1 et France 2, après avoir profité de son déplacement à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU, où il rencontre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, pour évoquer un G7 sur l'énergie et « sécuriser » les approvisionnements.
Sur le terrain, des automobilistes traversent les frontières : à Andorre, où le gazole affichait 1,677 euro mardi contre plus de 2 euros en France, les stations du Pas de la Case voient affluer les Français, à l'image d'Olivier Perramond, pour qui « l'affaire est entendue ». D'autres se rendent en Espagne ou en Belgique. Jeudi, des pêcheurs avaient bloqué des dépôts pétroliers en Méditerranée.
ANGLE DOMINANT
Athènes réplique à la flambée des carburants par des aides ciblées et réserve la baisse de taxe à un feu vert de Bruxelles qui tarde à venir.
POINTS CLES
ANALYSE
Athènes, 21 septembre 2026. Kyriakos Mitsotakis a choisi la subvention ciblée plutôt que la baisse générale de taxe pour répondre à la flambée des carburants, dans son bilan hebdomadaire publié dimanche. Le Premier ministre annonce une « intervention significative du gouvernement et des raffineries » sur le fioul domestique, avec un prix de départ fixé sous 1,75 euro le litre, un niveau inférieur à celui de la fin de la saison précédente. Selon To Vima, l'objectif interne du ministère de l'Économie serait même plus ambitieux : faire démarrer la vente entre 1,50 et 1,60 euro le litre à l'ouverture du marché, le 15 octobre. Sans intervention, le prix se situerait autour de 2 euros.
Le gouvernement complète le dispositif par une « augmentation universelle » de l'allocation chauffage, étendue à tous les foyers quelle que soit leur source d'énergie, avec un ciblage renforcé vers les zones où le climat pèse le plus. La subvention au gazole de mobilité, elle, est prolongée pour tout le mois d'octobre.
Sur les carburants routiers, la pression reste vive : To Vima rapporte des prix déjà montés à 2,39 euros le litre dans les Cyclades selon l'Observatoire des prix, avec des relevés à venir attendus autour de 2,50 euros, un niveau jugé « inédit pour les données grecques ». Le journal estime que les aides annoncées « semblent faibles pour atténuer les effets sur l'inflation et l'économie grecque ».
Mitsotakis conditionne une baisse temporaire de la fiscalité des carburants à un feu vert de l'Union européenne, qui devrait autoriser des interventions nationales exceptionnelles sans qu'elles soient comptées dans les limites de dépenses. En attendant cette clarification bruxelloise, Athènes mise sur les aides directes.
Le Premier ministre adosse cette communication à la double amélioration de la note souveraine par Moody's et Scope, expliquant qu'une meilleure crédibilité permet d'emprunter moins cher, d'attirer l'investissement et de financer santé, éducation et protection sociale. Les annonces détaillées sur le fioul de chauffage et le gazole sont attendues « dans le courant de la semaine ou au plus tard fin septembre », selon To Vima.
To Vima souligne que ce niveau de prix, « inédit pour les données grecques », menace aussi bien les budgets des ménages que la trésorerie des entreprises, alors que les mesures préparées par l'équipe économique du gouvernement paraissent encore insuffisantes face à la poussée inflationniste.
ANGLE DOMINANT
Budapest tranche pour une aide ciblée automatique plutôt qu'un retour au prix protégé, en versant 20 000 forints en quatre fois aux propriétaires de diesel.
POINTS CLES
ANALYSE
Budapest, 21 septembre 2026. Alors que le gazole bat des records des deux côtés de l'Atlantique — près de 2,41 euros le litre en moyenne en France dimanche, selon un calcul de l'AFP portant sur plus de 8 700 stations-service, et jusqu'à 6,49 dollars le gallon aux États-Unis selon l'AAA — la Hongrie a choisi une réponse différente de ses voisins européens : ni plafonnement généralisé, ni relance du « prix protégé » antérieur, mais une aide forfaitaire automatique.
Le Premier ministre Magyar Péter avait annoncé le 11 septembre que le gouvernement verserait une compensation aux propriétaires de véhicules diesel, avant que le Parlement n'adopte la mesure le 15 septembre. Selon le ministre de l'Économie et de l'Énergie, Kapitány István, les propriétaires de voitures exclusivement diesel de 150 chevaux (110 kilowatts) au maximum recevront 20 000 forints d'ici la fin de l'année, versés en quatre tranches : 30 septembre, 30 octobre, 13 novembre et 7 décembre. Le gouvernement évalue à environ un million le nombre d'automobilistes concernés.
Le Trésor public hongrois (Magyar Államkincstár) transférera les sommes automatiquement, sur la base des données du registre des véhicules détenues par l'administration fiscale (NAV), sans que les bénéficiaires n'aient à déposer de demande. Ceux dont le compte bancaire n'est pas connu du fisc recevront un mandat postal. « Les ayants droit n'ont donc rien à faire : ils n'ont ni requête à déposer, ni numéro de compte ou adresse de livraison à communiquer », a précisé la NAV lundi dans un communiqué.
Selon le Premier ministre, les 20 000 forints doivent compenser l'écart d'environ 5 000 forints par plein constaté entre l'ancien prix protégé et le prix de marché actuel. Le gouvernement dit aussi soutenir le secteur agricole via un remboursement de l'accise sur le carburant. Pour Budapest, la pression sur les prix — attribuée à la guerre au Proche-Orient et aux dégâts subis par les raffineries russes — touche directement l'économie hongroise, du fret à l'agriculture, mais la ligne officielle reste de cibler l'aide plutôt que de rétablir un plafond national, une option jugée risquée sur le plan budgétaire et déjà source d'un contentieux avec l'Union européenne.
ANGLE DOMINANT
Le Mexique dissocie la flambée mondiale du gazole de son propre dossier : le carburant volé aux oléoducs de Pemex et revendu dans des stations-service liées au crime organisé.
POINTS CLES
ANALYSE
Mexico, 21 septembre 2026. Pendant que Paris convoque une réunion à Matignon et que Washington voit le gazole franchir 6,50 dollars le gallon, la presse mexicaine ne parle ni de pénurie ni de taxes : elle parle de vol organisé. El Financiero révèle que le département du Trésor américain a identifié des stations-service liées au Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), fondé par Nemesio Oseguera Cervantes et dirigé depuis la mort d'«El Mencho», le 22 février, par son beau-fils Juan Carlos Valencia, dit «El 03» ou «El Pelón». Le «huachicol», le vol de carburant aux oléoducs de Pemex, figure parmi les principales sources de revenus non liées à la drogue du cartel. Selon l'OFAC, les stations sont enregistrées au nom de proches ou d'employés de confiance pour échapper aux autorités financières ; le réseau a été repéré dans au moins trois états, Jalisco, Veracruz et Michoacán, où Iván Cazarín Molina, alias «El Tanque», bras droit chargé du pillage des tomas clandestines sur les oléoducs traversant Veracruz, stockait le carburant dans des réservoirs d'une capacité de plusieurs millions de litres avant de l'écouler via onze stations-service. Le même jour, El Financiero et El Informador relatent la saisie de plus de 59 millions de litres de combustible d'origine non accréditée à San José Iturbide, dans le Guanajuato : essence régulière, premium et diesel, découverts lors d'une perquisition judiciaire. Le groupe Simsa nie être propriétaire du site, mais la Fiscalía General de la República a transféré le dossier à son unité spécialisée dans la criminalité organisée, faute de documentation prouvant la licéité de l'origine, de la gestion et de la destination de l'hydrocarbure saisi. Le secrétaire à la Sécurité, Omar García Harfuch, a annoncé des arrestations à venir lors de sa conférence matinale. La Jornada, elle, regarde vers la Bolivie : la suppression totale, ce week-end, de la subvention au diesel a fait bondir les prix et poussé les transporteurs à annoncer des mobilisations, un jour après la prolongation de l'état d'exception pour 90 jours. Pour la presse mexicaine, le gazole cher n'est d'abord ni une affaire de détroit d'Ormuz ni de raffineries frappées : c'est une question de contrôle du territoire, des circuits de Pemex et de la traçabilité fiscale des hydrocarbures que se disputent cartels et autorités.
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