ANGLE DOMINANT
Dhaka assume une hausse administrée de 20 takas par litre et affronte une contestation jusque dans les rangs de son propre parti étudiant.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le gazole passe de 115 à 135 takas le litre (+17,4 %) et l'essence de 140 à 160 takas (+14,3 %), hausses effectives lundi 21 septembre selon la Division de l'énergie.
- 02
Le Chhatra Dal, organisation étudiante du parti au pouvoir (BNP), a sommé un responsable local, Sazzad Hossain Hridoy, de s'expliquer sous 48 heures après avoir protesté sur Facebook contre la hausse.
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L'économiste Selim Raihan (Sanem, université de Dhaka) prévient que la hausse alourdira les coûts de transport et de production sans stratégie anti-inflation affichée par le gouvernement.
ANALYSE
Dhaka, lundi 21 septembre 2026. Le gouvernement bangladais a relevé de 20 takas par litre les prix administrés du gazole, de l'essence, de l'octane et du kérosène, avec effet ce lundi. Le gazole passe de 115 à 135 takas (+17,4 %), l'octane de 145 à 165 takas (+13,8 %), l'essence de 140 à 160 takas (+14,3 %) et le kérosène de 135 à 155 takas (+14,8 %), selon la notification publiée par la Division de l'énergie et des ressources minérales dans la soirée de dimanche 20 septembre. C'est la deuxième hausse décidée par le gouvernement du BNP depuis son arrivée au pouvoir en février, après un premier relèvement en avril.
La Division de l'énergie justifie la mesure par la guerre en cours au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix internationaux des produits pétroliers et le fret, et par la nécessité de réduire les pertes de la compagnie publique BPC — 22 875,66 crores de takas depuis mars —, d'économiser des devises et de limiter la contrebande.
La décision expose le pouvoir à une contestation qui déborde jusque dans ses propres rangs. À Chittagong, la direction centrale du Chhatra Dal, l'organisation étudiante du BNP, a mis en demeure un responsable local, Sazzad Hossain Hridoy, après qu'il a publié samedi 19 septembre un message Facebook où il disait avoir protesté contre la hausse, rappelant avoir toujours milité contre les augmentations de carburant, de gaz et d'électricité. Sommé de s'expliquer sous 48 heures devant sa hiérarchie, il a répondu rester loyal à l'organisation.
Sur le plan économique, Selim Raihan, directeur exécutif du Sanem et professeur à l'université de Dhaka, a averti que la hausse alourdirait les coûts de transport, de production et d'approvisionnement, aggravant la pression inflationniste, sans que le gouvernement n'ait exposé de stratégie claire pour la contenir. Il pointe aussi l'absence de discussion sur les faiblesses institutionnelles du secteur énergétique et sa fiscalité, ainsi qu'une dépendance croissante à l'emprunt public face à un investissement privé atone.
La Bourse de Dhaka a immédiatement réagi : l'indice DSEX a perdu jusqu'à 27 points en vingt minutes lundi matin, avant de se stabiliser autour de 5 569 points, et l'indice DS30 des valeurs vedettes a cédé 9 points, dans un marché où 190 titres reculaient contre 118 en hausse.
