ANGLE DOMINANT
Abuja mesure la flambée en salaires perdus : dix litres d'essence à 1 430 nairas engloutissent plus d'un cinquième du salaire minimum mensuel, pendant que tricycles et taxis répercutent la hausse sur chaque trajet de la capitale fédérale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'essence se vendait entre 1 410 et 1 450 nairas le litre à Abuja le 20 septembre, après une hausse de 85 nairas du prix départ-raffinerie Dangote, passé de 1 265 à 1 350 nairas le litre
- 02
Vanguard Nigeria calcule que dix litres d'essence à 1 430 nairas coûtent 14 300 nairas, plus d'un cinquième du salaire minimum mensuel de 70 000 nairas
- 03
La NMDPRA affirme ne pas fixer les prix à la pompe et promet une surveillance renforcée contre la spéculation, tandis que Tinubu revendique plus de 120 000 véhicules déjà convertis au gaz naturel comprimé
ANALYSE
Abuja, 21 septembre 2026. À la pompe, la flambée mondiale du gazole et de l'essence prend au Nigeria un visage très concret : celui du tricycle qui double sa course et du salaire minimum qui ne suffit plus. Dimanche 20 septembre, l'essence se vendait entre 1 410 et 1 450 nairas le litre dans plusieurs villes, contre 1 265 nairas un mois plus tôt, après une hausse de 85 nairas du prix départ-raffinerie fixé par Dangote Petroleum Refinery, passé de 1 265 à 1 350 nairas le litre. Conséquence immédiate à Abuja : les tricycles ont relevé leurs tarifs sur plusieurs itinéraires de la capitale fédérale, de Gudu à Lokogoma le trajet passe de 200 à 300 nairas, de Kabusa à Apo de 300 à 400, de Dutse à Tipper Garage de 400 à 500 nairas, rapporte Punch Nigeria.
Le calcul que fait Vanguard Nigeria est celui d'un salaire qui fond : au salaire minimum national de 70 000 nairas par mois, dix litres d'essence à 1 430 nairas coûtent 14 300 nairas, « plus d'un cinquième d'un salaire mensuel complet », avant même le loyer, l'école ou les soins médicaux. Le journal insiste, la question du prix du carburant « ne peut plus être examinée seulement du point de vue de la dérégulation, des forces du marché » ou du cours du brut, mais d'abord du point de vue humain.
Le régulateur, la NMDPRA, se défausse de toute fixation des prix : « L'Autorité ne fixe pas les prix à la pompe et n'émet pas de barèmes administratifs », a-t-elle rappelé le 19 septembre, invoquant la loi sur l'industrie pétrolière qui réserve toute intervention publique aux cas de défaillance de marché « formellement déclarée » — non constatée à ce jour. Elle promet en échange une surveillance renforcée contre la spéculation, la contrebande et les pratiques anticoncurrentielles.
Le président Bola Tinubu propose une autre voie : accélérer la conversion au gaz naturel comprimé. Plus de 120 000 véhicules ont déjà été convertis, plus de 90 stations CNG ouvertes et 400 centres de conversion certifiés, et les gouverneurs sont sommés de répercuter ces économies sur les tarifs de transport dès le 1er octobre. Signe que le marché reste fragmenté d'une ville à l'autre, les prix reculent au même moment à Calabar, Warri et Port Harcourt — jusqu'à 1 330 nairas le litre — grâce à une offre Dangote plus abondante hors de Lagos, où le litre reste ferme autour de 1 350 nairas.
SOURCES (6)
- Punch NigeriaMOYEN
- Daily Post NigeriaMOYEN
- Nigerian EyeMOYEN
- Legit.ngMOYEN
- NairametricsMOYEN
