ANGLE DOMINANT
Bolivie assume un choix à contre-courant : le gouvernement a supprimé sa subvention au diesel quand ses voisins la renforcent, acceptant la flambée des prix et la colère du transport.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le décret suprême 5716, signé vendredi 18 septembre, supprime toute subvention au diesel et fixe son prix à 17,95 bolivianos (environ 1,63 dollar) le litre.
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Le porte-parole José Luis Gálvez a chiffré l'ancien coût du subside à 55 millions de dollars par semaine, plus de 6 milliards de dollars par an.
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Le Brésil paie 1,28 dollar le litre, le Chili 1,32, l'Argentine 1,52 : seul le Pérou (1,96 dollar) dépasse désormais la Bolivie, selon la Cámara de Agropecuarios de Cochabamba.
ANALYSE
La Paz, lundi 21 septembre 2026. En Bolivie, le débat n'est pas de préserver une subvention mais d'en gérer la disparition brutale. Le président Rodrigo Paz a annoncé vendredi 18 septembre l'élimination totale de l'aide publique au diesel, dont le prix a immédiatement bondi à 17,95 bolivianos le litre, environ 1,63 dollar, fixé par le décret suprême 5716 signé vendredi soir. Le porte-parole présidentiel José Luis Gálvez a reconnu que la mesure « provoquera davantage d'inflation » mais l'a défendue comme « la décision correcte », rappelant que l'État dépensait 55 millions de dollars par semaine, plus de 6 milliards par an, pour maintenir le subside.
Le nouveau prix bolivien dépasse désormais presque tous les pays voisins : selon un comparatif cité par la Chambre des agro-entrepreneurs de Cochabamba, le Brésil paie 1,28 dollar le litre, le Chili 1,32, l'Argentine 1,52 — seul le Pérou, à 1,96 dollar, reste plus cher. YPFB assure de son côté que le prix de l'essence, lui, reste inchangé, et dément toute pénurie aux stations-service.
La rue a répondu vite. Le secteur des citernes, qui achemine le carburant depuis le Pacifique et l'Atlantique, a menacé de paralyser le déchargement dans tout le pays ; les transporteurs interprovinciaux de La Paz ont annoncé un blocage des routes dès lundi ; à Santa Cruz, 4 000 minibus cessent de circuler malgré un accord municipal maintenant le ticket à 3 bolivianos. Les Six Fédérations du Trópico de Cochabamba, bastion syndical de l'ancien président Evo Morales, ont décrété l'état d'urgence et lient la mesure à des « intérêts étrangers ».
Le gouvernement a ouvert des tables de dialogue dimanche à Santa Cruz avec les transporteurs, obtenant un accord avec trois fédérations départementales qui évite l'arrêt du service lundi. Les municipalités chiffrent déjà la facture : La Paz réclame 63 millions de bolivianos supplémentaires pour maintenir son réseau de bus PumaKatari. Les éleveurs de volaille de Santa Cruz anticipent une hausse du poulet, de 15 à 22 bolivianos le kilo. Sur le terrain, l'Agence nationale des hydrocarbures a saisi plus de 10 000 litres de carburant en une semaine d'opérations contre la revente et le stockage illégal, tandis que la douane assouplit les procédures d'importation pour sécuriser l'approvisionnement, dans un pays qui reste sous état d'exception.
SOURCES (3)
- La Razon BOMOYEN
- Sin la subvención al diésel, Bolivia supera precios de casi todos los países de la región
- Eliminación del subsidio al diésel provoca remezón: hay alertas de paros y movilizaciones
- Gálvez admite que precio del diésel provocará inflación, pero dice que 'es la decisión correcta'
- Yacimientos descarta incremento en precios de la gasolina
- Brujula DigitalMOYEN
- El DeberMOYEN
