ANGLE DOMINANT
Pretoria mesure la portée d'un procès qui pourrait redessiner la régulation mondiale des réseaux sociaux, alors que ses propres autorités s'inquiètent déjà de la protection numérique des enfants.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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29 États américains, menés par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, réclament des pénalités pouvant atteindre des centaines de milliards de dollars.
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La procureure Megan O'Neill accuse Meta d'avoir conçu ses plateformes pour « accrocher les utilisateurs, les retenir, récolter leurs données, puis cacher la vérité au public ».
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La défense de Meta, par la voix de l'avocat Paul Schmidt, conteste tout lien scientifique clair entre usage des réseaux sociaux chez les adolescents et mal-être.
ANALYSE
Pretoria, 19 août 2026. Depuis mardi, une cour fédérale d'Oakland, en Californie, examine l'accusation la plus lourde jamais portée contre Meta : avoir conçu Facebook et Instagram pour capter durablement l'attention des enfants, au prix de leur santé mentale. Une coalition bipartite de 29 États américains, menée par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, réclame des pénalités pouvant atteindre plusieurs centaines de milliards de dollars ainsi que des changements structurels dans le fonctionnement des plateformes. Devant un jury de huit personnes, la procureure adjointe californienne Megan O'Neill a résumé le modèle économique de Meta en une formule crue : « accrocher les utilisateurs, les retenir aussi longtemps que possible, récolter leurs données, puis cacher la vérité au public ». Elle a ajouté que cette mécanique « a particulièrement bien fonctionné sur les enfants ». Les quatre États meneurs accusent Meta d'avoir sciemment conçu ses applications pour créer une dépendance chez les jeunes utilisateurs, provoquant anxiété, dépression, voire des suicides, tout en rassurant faussement les parents sur la sécurité des plateformes. L'ensemble des 29 États reproche en outre à l'entreprise d'avoir enfreint la loi fédérale en collectant et exploitant les données personnelles de mineurs. La défense de Meta, portée par l'avocat Paul Schmidt, ne conteste pas que certains usagers traversent des difficultés, mais affirme qu'aucun lien scientifique clair n'établit de causalité entre l'usage des réseaux sociaux chez les adolescents et leur mal-être. Il a souligné que Mark Zuckerberg partage, selon lui, la volonté d'améliorer les services plutôt que de les rendre dangereux. Le verdict, rendu par la juge Yvonne Gonzalez Rogers sur la base d'un avis consultatif du jury, pourrait déclencher une vague de contentieux similaires visant Snap, TikTok et YouTube. En Afrique du Sud, où la Commission des droits humains a récemment alerté sur les risques que font peser les fuites de données personnelles sur les enfants — cyberharcèlement, sollicitation, extorsion —, ce procès résonne comme un test de la capacité des États à faire plier des plateformes mondiales sur la protection des mineurs.
