ANGLE DOMINANT
Londres chiffre l'ampleur du procès Meta à hauteur de 1 400 milliards de dollars, quand les propres documents internes de l'entreprise contredisent ses dénégations publiques sur l'addiction des enfants.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les États plaignants réclament jusqu'à 1 400 milliards de dollars de dommages et intérêts à Meta, selon The Independent.
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Une note interne d'Instagram citée par la BBC affirme que « les adolescents ont un discours de dépendant sur leur usage » de la plateforme.
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Meta évalue à un peu plus de 100 000 le nombre d'utilisateurs de 11-12 ans sur Instagram, contre « des millions » selon l'avocate de la Californie.
ANALYSE
Londres, 19 août 2026. Le procès fédéral qui s'est ouvert mardi à Oakland, en Californie, occupe la presse britannique moins pour son verdict encore lointain que pour l'ampleur des sommes et des documents internes qu'il met sur la table. La BBC et The Independent, seuls titres du pays à couvrir l'audience, s'accordent sur un chiffre : les États plaignants réclament jusqu'à 1 400 milliards de dollars de dommages et intérêts à Meta, selon The Independent, une somme qui ferait de ce procès « le plus conséquent » des milliers de plaintes visant l'entreprise sur la sécurité des enfants.
L'accusation, portée par 29 États depuis 2023 — dont quatre seulement, la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, sont jugés en premier —, s'appuie sur des millions de documents internes fournis par Meta elle-même : recherches internes, courriels d'employés, journaux de discussion remontant jusqu'à Mark Zuckerberg. La BBC cite une note interne d'Instagram selon laquelle « les adolescents ont un discours de dépendant sur leur usage » de la plateforme, et une autre reconnaissant que les fonctionnalités conçues pour prolonger le temps passé sont « intrinsèquement en contradiction avec le bien-être ».
L'avocate de la Californie, Megan O'Neill, a affirmé à l'ouverture du procès que Meta savait que ses plateformes nuisaient à la santé mentale des adolescents et avait laissé « des millions » de jeunes de 11-12 ans s'inscrire sur Instagram sans les en empêcher. La défense de Meta a répliqué en avançant un chiffre bien inférieur — un peu plus de 100 000 utilisateurs de cet âge repérés — et en contestant jusqu'à l'existence même d'une addiction aux réseaux sociaux. Selon The Independent, la plainte va plus loin en accusant Meta d'avoir collecté des données sur des enfants de moins de 13 ans sans consentement parental, en violation du droit fédéral, et cite le texte du recours : Meta aurait « mobilisé des technologies puissantes et inédites pour séduire, engager et finalement piéger les jeunes, son mobile étant le profit ».
Les États demandent aussi des changements structurels : suppression des compteurs de « likes » et du défilement infini. Meta, de son côté, affirme avoir « écouté les parents, travaillé avec des experts » et rejette les accusations, promettant de démontrer son engagement envers les jeunes utilisateurs durant les six semaines d'audience à venir.
