ANGLE DOMINANT
Madrid mesure ce procès californien à l'aune de son propre projet de loi sur les mineurs, bloqué au Congrès des députés depuis des mois, et redoute que le verdict d'Oakland ne rende caduque toute législation nationale encore en gestation.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le procès s'est ouvert mardi 18 août devant la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers, à Oakland (Californie), avec un jury de huit personnes, pour le premier des dossiers portés par 29 États américains contre Meta.
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La vice-procureure générale de Californie, Megan O'Neill, a résumé la stratégie de Meta en quatre mots : « accrocher, retenir, récolter, cacher ».
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Meta, par la voix de son avocat Paul Schmidt, dément avoir sciemment conçu ses applications pour rendre les jeunes dépendants, tout en reconnaissant que 20 % des adolescents se disent moins bien après avoir utilisé Instagram, selon les propres enquêtes internes de l'entreprise.
ANALYSE
Madrid, 19 août 2026. Madrid mesure, depuis son Congrès des députés où sommeille depuis des mois un projet de loi organique sur la protection des mineurs dans les environnements numériques, la portée du procès qui s'est ouvert mardi à Oakland, en Californie. Le texte espagnol prévoit de relever à 16 ans l'âge minimum d'inscription sur les réseaux sociaux, mais reste bloqué au Parlement pendant que la justice américaine s'apprête, elle, à trancher sur le fond : Meta a-t-il sciemment conçu Facebook et Instagram pour capter l'attention des enfants ?
Le contraste est souligné par la presse espagnole, qui rappelle que l'Australie a déjà instauré une interdiction pour les mineurs et que la France s'y était ralliée avant que son Conseil constitutionnel ne retoque la mesure la semaine dernière. Pour Madrid, l'issue du procès américain pourrait rendre caduques, avant même leur adoption, les dispositions envisagées par le législateur espagnol.
Devant huit jurés du tribunal fédéral du district Nord de Californie, présidé par la juge Yvonne Gonzalez Rogers, la vice-procureure générale de Californie, Megan O'Neill, a résumé le modèle économique de Meta en quatre mots : « accrocher » les utilisateurs, les « retenir » le plus longtemps possible, « récolter » leurs données, puis « cacher » la vérité au public. Quatre États — Californie, Colorado, Kentucky et New Jersey —, choisis parmi les 29 ayant porté plainte, ouvrent ce premier procès fédéral, qui s'inscrit dans un litige multidistrict rassemblant plus de 3 000 plaignants contre Meta, Google, TikTok et Snap.
Les estimations chiffrées varient selon les sources : quand certains évoquent jusqu'à 200 milliards de dollars de dommages et intérêts réclamés par les quatre États, d'autres citent une indemnisation pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars, soit environ 1,2 milliard d'euros.
Meta a catégoriquement démenti avoir sciemment conçu ses applications pour créer une dépendance chez les jeunes. Son avocat, Paul Schmidt, a demandé au jury de garder « l'esprit ouvert », mettant en avant les investissements de l'entreprise dans des dispositifs de sécurité pour les jeunes utilisateurs — tout en reconnaissant que 20 % des adolescents disent, selon des enquêtes internes d'Instagram, se sentir moins bien après avoir utilisé l'application.
Pour l'Espagne, où le débat sur la régulation des réseaux sociaux reste embourbé au Congrès, ce procès californien fait figure de test grandeur nature dont le verdict pourrait peser plus lourd que toute législation nationale encore à l'état de projet.
SOURCES (3)
- El Pais EnglishMOYEN
- HuffPost EspañaMOYEN
- ExpansiónMOYEN
