ANGLE DOMINANT
Canberra dissocie sa position de celle de ses partenaires « comme-pensants », justifiant son refus de rejoindre l'interdiction d'importer par le risque de conséquences économiques imprévues pour les entreprises australiennes, les Palestiniens et les Israéliens.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Penny Wong a annoncé des « mesures ciblées » en coordination internationale mais a explicitement écarté une interdiction générale d'importation des produits de colonies
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Bob Carr, ex-ministre des Affaires étrangères, juge la décision australienne « astonishing and cowardly » et regrette que l'Australie n'ait pas rejoint les onze nations signataires
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L'ambassadeur d'Israël Hillel Newman a salué « une décision sage » et qualifié l'initiative britannique d'erreur « sans logique »
ANALYSE
Canberra, 9 septembre 2026. Le gouvernement d'Anthony Albanese a refusé de rejoindre l'interdiction d'importer les produits des colonies israéliennes annoncée mardi par Londres, Paris et Ottawa, rejoints par neuf autres pays européens. La presse australienne hésite sur le décompte : « onze nations » selon Nine (The Age, Sydney Morning Herald), « douze pays » selon SBS, « trois puissances du G7 » rejointes par neuf engagements européens selon ABC. La ministre des Affaires étrangères Penny Wong a annoncé des « mesures ciblées, en coordination avec les partenaires internationaux, pour dissuader les colonies illégales et la violence des colons », mais a exclu une interdiction générale, invoquant des « conséquences imprévues pour les entreprises australiennes, pour les Palestiniens et pour les Israéliens ».
La décision fracture le camp travailliste. L'ex-ministre des Affaires étrangères Bob Carr s'est dit « utterly astonished » que l'Australie n'ait pas rejoint les onze nations signataires, jugeant le gouvernement « cowardly and intimidated » : « nos partenaires proches ont tous bougé ». L'ex-ministre travailliste Ed Husic avait pressé Canberra de rejoindre ce mouvement « sismique » du Royaume-Uni.
L'ambassadeur d'Israël en Australie, Hillel Newman, a salué à l'inverse « une décision sage » : « It was a mistake of Britain to go down that path. There is no logic to it, it is based on false assumptions and it's a dead end. » Il juge difficile de distinguer les produits israéliens de ceux de Cisjordanie et redoute des effets négatifs pour les travailleurs palestiniens, rappelant que des centaines d'employés avaient perdu leur emploi lors du départ de l'usine SodaStream de Cisjordanie en 2016.
Les consommateurs australiens continuent d'acheter, souvent sans le savoir, vin, dattes et cosmétiques de la mer Morte issus des colonies : les vins Psagot, produits près de Ramallah, comme ceux du plateau du Golan — territoire syrien occupé depuis 1967 — restent étiquetés « Israël » dans le commerce. Le président de la Fédération australienne des conseils islamiques, Rateb Jneid, dénonce des mesures qui « ciblent une poignée d'individus en laissant intactes les structures qui financent l'occupation ».
SOURCES (4)
- ABC News AustraliaMOYEN
- The AgeMOYEN
- SBS News AustraliaMOYEN
