ANGLE DOMINANT
Washington refuse de rejoindre la coalition mais laisse filer sa frustration envers la colonisation, pris entre son soutien à Netanyahou et la crainte d'une déstabilisation régionale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Marco Rubio a déclaré mardi que Washington ne ferait pas « ce que le Royaume-Uni a fait », en invoquant le risque de déstabilisation en Cisjordanie et son impact sur les négociations à Gaza.
- 02
Selon Axios, Donald Trump n'a pas dissuadé le Premier ministre britannique Andy Burnham d'annoncer les sanctions lors d'un appel téléphonique la veille de l'annonce, signe de la frustration de la Maison-Blanche envers la politique de colonisation du gouvernement Netanyahou.
- 03
Le représentant républicain de Floride Randy Fine a averti que les mesures britanniques pourraient activer la loi anti-boycott de son État, empêchant des entreprises britanniques concernées de traiter avec des collectivités locales.
ANALYSE
Washington, mercredi 9 septembre 2026. Les États-Unis n'ont pas rejoint la déclaration menée par le Royaume-Uni, la France et le Canada — rejoints par neuf autres pays européens selon Axios — annonçant leur intention de restreindre le commerce avec les colonies israéliennes de Cisjordanie. Le secrétaire d'État Marco Rubio a tranché mardi devant la presse : « Nous n'allons évidemment pas faire ce que le Royaume-Uni a fait », ajoutant que Washington ne voulait « rien voir de déstabilisant » en Cisjordanie « alors qu'il se passe tant de choses dans la région », un facteur qui pèse selon lui sur les négociations à Gaza.
Ce refus de s'associer masque cependant, selon Axios, une frustration réelle de la Maison-Blanche envers la politique de colonisation du gouvernement Netanyahou. Deux sources proches du dossier rapportent que Donald Trump n'a pas cherché à dissuader le Premier ministre britannique Andy Burnham d'annoncer les sanctions lors d'un appel téléphonique la veille de l'annonce, et que des responsables américains ont indiqué à leurs homologues britanniques partager leurs préoccupations sur la Cisjordanie, tout en désapprouvant ces sanctions précises.
Cette ambiguïté a viré à la friction interne quand l'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a qualifié la mesure britannique de « discrimination envers le peuple juif » sur la BBC, questionnant pourquoi Londres ne sanctionne pas plutôt la Corée du Nord, la Chine ou la Russie. La Maison-Blanche s'est aussitôt désolidarisée : ses propos n'avaient « pas été coordonnés avec la Maison-Blanche » ni le département d'État, a précisé un responsable à Axios.
Le volet le plus concrètement américain de l'affaire reste économique et local : le représentant républicain de Floride Randy Fine a averti que les mesures britanniques pourraient activer la loi anti-boycott de son État, privant les entreprises britanniques concernées d'accès aux marchés publics locaux — un risque déjà évoqué par Huckabee, qui cite une législation similaire dans 38 États américains.
Donald Trump n'a, à ce stade, fait aucune déclaration publique sur le dossier ; sollicitée, la Maison-Blanche a renvoyé vers les propos de Rubio.
