ANGLE DOMINANT
Doha salue la décision britannique et l'inscrit d'emblée dans le droit international, citant la résolution 2334 du Conseil de sécurité et l'article 8 du Statut de Rome, plutôt que dans un rapport de force diplomatique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministère qatari des Affaires étrangères a affirmé que les colonies « violent de façon flagrante le droit international et les résolutions de légitimité internationale, notamment la résolution 2334 du Conseil de sécurité et l'article 8 du Statut de Rome » (Doha News).
- 02
Ed Miliband a annoncé aux Communes : « Je peux annoncer aujourd'hui que nous introduirons une interdiction d'importer des biens issus des colonies illégales dans les territoires occupés » (Doha News, Gulf Times).
- 03
Gideon Sa'ar a annoncé la fermeture du consulat britannique de Jérusalem-Est et l'interdiction d'entrée en Israël pour douze ressortissants britanniques, en majorité des parlementaires (Gulf Times).
ANALYSE
Doha, 9 septembre 2026. Le Qatar a salué mardi 8 septembre la décision du Royaume-Uni d'interdire l'importation de biens produits dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée, plaçant sa réaction sur le terrain du droit plutôt que sur celui du rapport de force diplomatique. Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères (MOFA), Doha a qualifié la mesure d'« étape importante » pour dissuader la politique de colonisation israélienne, affirmant que celle-ci « viole de façon flagrante le droit international et les résolutions de légitimité internationale, notamment la résolution 2334 du Conseil de sécurité et l'article 8 du Statut de Rome ».
Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband avait annoncé aux Communes : « Je peux annoncer aujourd'hui que nous introduirons une interdiction d'importer des biens issus des colonies illégales dans les territoires occupés. » L'annonce s'accompagne de sanctions contre des entreprises et individus fournissant des services de construction, de financement ou d'immobilier aux colonies. Le Royaume-Uni a été rejoint par la France, le Canada et neuf pays européens — Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pologne, Portugal, Suède — dans une déclaration conjointe annonçant leur intention d'introduire ou de soutenir de telles restrictions commerciales, sans préciser encore les modalités d'application dans chaque pays.
Le Qatar a dit espérer que d'autres pays rejoignent cet effort ou envisagent des mesures similaires « conformément à leurs procédures nationales », et a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales en contraignant Israël à cesser son activité de colonisation et à respecter le droit international.
La riposte israélienne est intervenue le jour même : le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a annoncé la fermeture du consulat britannique de Jérusalem-Est, accrédité auprès de l'Autorité palestinienne, ainsi que l'interdiction d'entrée en Israël pour douze ressortissants britanniques, en majorité des parlementaires. Sa'ar a averti qu'Israël prendrait « des contre-mesures, à sa discrétion, contre d'autres pays qui agissent ou agiront contre lui ». Washington, par la voix de Marco Rubio, a indiqué ne pas vouloir se joindre aux sanctions, invoquant un risque de déstabilisation des territoires occupés.
Pour Doha, la controverse illustre moins une rupture diplomatique entre Londres et Tel-Aviv qu'un test de la capacité de la communauté internationale à faire appliquer des résolutions déjà votées.
