ANGLE DOMINANT
Le Caire mesure la rupture britannico-israélienne à l'aune du projet E1, jugé menacer directement la viabilité d'un futur État palestinien contigu.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Royaume-Uni a annoncé le 8 septembre un régime de sanctions visant construction, financement, immobilier et publicité liés aux colonies, avec une interdiction d'importation attendue sous six à neuf mois (Egyptian Streets).
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Douze pays, dont le Royaume-Uni, la France, le Canada, l'Espagne, la Norvège et la Suède, ont cosigné une déclaration conjointe appelant à l'arrêt immédiat de l'expansion des colonies (Egyptian Streets).
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Fin août, le ministère israélien du Logement a lancé un appel d'offres pour plus de 1 200 logements dans le projet E1, jugé par Miliband comme un « acte inacceptable et destructeur » franchissant une « ligne rouge » (Egypt Independent).
ANALYSE
Le Caire, 9 septembre 2026. Le Caire mesure la rupture annoncée mardi 8 septembre entre Londres et Tel-Aviv à l'aune d'un chantier qui touche directement la région : le projet de colonisation E1, censé relier Jérusalem-Est aux colonies de Cisjordanie et, selon ses détracteurs, couper en deux le territoire promis à un futur État palestinien. Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband a annoncé aux Communes un régime de sanctions visant les entreprises et particuliers liés à la construction, au financement, à l'immobilier et à la publicité des colonies, ainsi qu'une interdiction d'importation des biens produits dans ces zones, attendue sous six à neuf mois, selon Egyptian Streets. Douze pays — le Royaume-Uni, la France, le Canada, l'Espagne, la Norvège et la Suède parmi eux — ont cosigné une déclaration appelant à l'arrêt immédiat de l'expansion des colonies et réaffirmant leur attachement à la solution à deux États.
Pour la presse égyptienne, l'enjeu se lit d'abord à travers E1 : fin août, le ministère israélien du Logement a lancé un appel d'offres pour plus de 1 200 logements dans ce secteur, après une approbation définitive l'an dernier portant sur plus de 3 400 unités. Miliband avait qualifié le projet d'« acte inacceptable et destructeur », franchissant une « ligne rouge », et avait convoqué en août la chargée d'affaires israélienne à Londres pour en exiger l'abandon. Londres juge par ailleurs l'occupation de la Cisjordanie illégale et estime qu'un « nettoyage ethnique » de Palestiniens est en cours dans certaines zones.
La réplique israélienne n'a pas tardé. Le président Isaac Herzog a jugé les sanctions une « erreur de jugement grave, du mauvais côté de l'histoire », plaidant pour le dialogue. L'ambassadeur américain Mike Huckabee a prévenu la BBC qu'une réaction était certaine, avec un « impact considérable sur les entreprises britanniques ». La semaine précédente, le chef de la diplomatie israélienne Gideon Sa'ar avait averti Ynet News que Tel-Aviv répondrait, ajoutant que « l'époque où l'on agissait contre l'État d'Israël sans réaction est révolue ».
Sur le plan commercial, la presse égyptienne relativise la portée immédiate : les échanges bilatéraux, évalués à environ 8 milliards de dollars par an, ne dépendent que marginalement des colonies. Reste, souligne Egypt Independent, la portée symbolique d'un allié occidental historique rompant avec un gouvernement Netanyahou dont le ministre des Finances Bezalel Smotrich revendique vouloir « enterrer » l'idée d'un État palestinien « non par des slogans mais par des actes ».
