ANGLE DOMINANT
Rome refuse de rejoindre le groupe des Douze contre les colonies israéliennes, Antonio Tajani invoquant la nécessité de décisions partagées à l'échelle européenne pour ne pas distordre le marché unique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'Italie s'est retirée du groupe des douze pays sanctionnant les colons, Antonio Tajani invoquant l'unité de décision européenne pour ne pas « distordre le marché intérieur » (ANSA).
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Le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles ont dénoncé, selon La Repubblica, un gouvernement « sans dignité » resté à l'écart de l'initiative des Douze.
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Selon l'ONG Global Echo citée par Adnkronos, environ 19,2 % des expéditions agricoles israéliennes vers l'UE entre 2017 et 2026 contiendraient des produits des colonies, sur un échange commercial UE-Israël de 43,3 milliards d'euros en 2025.
ANALYSE
Rome, 9 septembre 2026. L'Italie se retire du groupe de douze pays annonçant des sanctions contre les colonies israéliennes de Cisjordanie. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani justifie ce choix par la fidélité au cadre européen : « Je suis toujours favorable à des décisions partagées de l'Union européenne, y compris en matière commerciale, sinon on risque de distordre le marché intérieur. Les Anglais n'en font pas partie », a-t-il déclaré depuis Buenos Aires, selon l'ANSA. Rome campe ainsi sur une ligne économique face à une initiative que Londres, Paris et Ottawa présentent, avec neuf autres États européens, comme des « restrictions nationales au commerce » avec les colonies.
Ce choix vaut au gouvernement de vives critiques intérieures. Le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles dénoncent, selon La Repubblica, un exécutif « sans dignité », resté à l'écart pendant que le Royaume-Uni essuie une riposte diplomatique sans précédent : fermeture du consulat britannique de Jérusalem-Est et interdiction d'entrée en Israël pour douze Britanniques — un militant et onze parlementaires, dont l'ex-chef travailliste Jeremy Corbyn.
L'ANSA détaille l'ampleur de la rupture : devant les Communes, Ed Miliband a qualifié les colonies d'« illégales », dénoncé l'expansion du projet contesté E1 en Cisjordanie et évoqué un « nettoyage ethnique » des Palestiniens, avant que le ministre israélien Gideon Sa'ar ne réplique en parlant d'accusations « scandaleuses et fausses ». Le président israélien Isaac Herzog s'est lui aussi élevé contre la mesure britannique, en pleine campagne pour les élections du 27 octobre.
Sur le fond, Adnkronos souligne que la portée économique des sanctions restera limitée : les colonies ne représentent qu'une faible part des exportations israéliennes, essentiellement agricoles — dattes, agrumes ou vin. Selon l'ONG américaine Global Echo, près de 19,2 % des expéditions agricoles israéliennes vers l'UE entre 2017 et 2026 contiendraient des produits issus des colonies, souvent réétiquetés pour dissimuler leur origine. L'UE reste le premier partenaire commercial d'Israël, avec un échange de biens de 43,3 milliards d'euros en 2025.
L'ANSA rappelle que l'adhésion collective de l'UE exigerait l'unanimité des Vingt-Sept, bloquée par les résistances renouvelées de l'Allemagne, de l'Italie et d'autres capitales. Rome préfère temporiser plutôt que rejoindre l'axe Londres-Paris-Ottawa.
SOURCES (3)
- AdnkronosMOYEN
