ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte la rupture diplomatique entre Israël et ses alliés occidentaux comme le prolongement d'une position qu'elle défend depuis des mois sur l'illégalité des colonies de Cisjordanie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon Meduza, seuls le Royaume-Uni, la France et le Canada se sont engagés à une interdiction nationale immédiate, les neuf autres signataires ayant seulement confirmé leur intention.
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Interfax rapporte que la proposition de la Commission européenne d'interdire l'importation des produits des colonies n'a pas obtenu de majorité au Conseil de l'UE en juillet, selon le porte-parole Anouar El Anouni.
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RT rappelle que Moscou avait averti le mois dernier que l'« expansion rampante » israélienne et la violence des colons poussaient la Cisjordanie vers un « point de non-retour ».
ANALYSE
Moscou, mercredi 9 septembre 2026. Pour la presse russe, l'annonce britannique du 8 septembre n'est pas d'abord une mesure commerciale mais le déclencheur d'une rupture diplomatique en cascade. RT résume : « Une profonde fracture diplomatique a éclaté entre Israël et plusieurs de ses partenaires occidentaux clés », après que douze pays — Royaume-Uni, France, Canada, Danemark, Finlande, Islande, Irlande, Norvège, Pologne, Portugal, Espagne et Suède — ont soutenu des restrictions sur le commerce avec les colonies de Cisjordanie occupée. Selon Meduza, seuls Londres, Paris et Ottawa se sont engagés à une interdiction nationale ; les neuf autres signataires « confirment leur intention » d'introduire des restrictions ou de soutenir des mesures européennes, sans calendrier ferme.
La riposte israélienne a suivi en quelques heures : fermeture du consulat britannique de Jérusalem-Est, retrait d'accréditations, interdiction d'entrée pour une douzaine de Britanniques dont l'ex-travailliste Jeremy Corbyn. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a réclamé l'expulsion de l'ambassadeur britannique ; le ministre Itamar Ben Gvir a exigé des sanctions contre Londres au sujet des Malouines, rapporte Meduza. Le président Isaac Herzog a dénoncé une « ingérence grossière » dans l'élection du 27 octobre.
Washington prend ses distances : l'ambassadeur américain Mike Huckabee, défenseur des colonies, a averti d'un impact « énorme sur les entreprises britanniques », selon RT. TASS rappelle qu'en juin, Royaume-Uni, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Norvège et France avaient déjà sanctionné un individu et six entreprises pour la même raison.
Interfax, citant le porte-parole de la diplomatie européenne Anouar El Anouni, note que Bruxelles juge depuis longtemps les colonies « illégales » mais reste divisée : la proposition de la Commission d'interdire l'importation des produits des colonies n'a pas trouvé de majorité au Conseil en juillet. Reuters, cité par Meduza, doute de l'efficacité réelle de la mesure : les produits des colonies ne représentent qu'une fraction des huit milliards de dollars d'échanges annuels, et Londres peine à les distinguer de ceux fabriqués en Israël même.
Sur le fond, la presse russe rappelle que Moscou défend une position ancienne : le ministère russe des Affaires étrangères avait averti le mois dernier que « l'expansion rampante » israélienne et la violence des colons rapprochaient la Cisjordanie d'un « point de non-retour », selon RT.
SOURCES (4)
- InterfaxMOYEN
