ANGLE DOMINANT
Washington relativise la démonstration du Roadster : la presse financière y voit une vitrine sans effet sur les comptes de Tesla et un argument pour une fusion avec SpaceX.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Tesla encaisse des acomptes de 50 000 dollars depuis 2017 et a manqué toutes les dates de livraison visées (CNBC).
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Tesla a rouvert les réservations aux États-Unis, au Canada et en Chine, avec 50 000 dollars d'acompte (CNBC).
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Une note de Barclays évoque une fusion Tesla-SpaceX avant la fin de l'année, selon Bloomberg.
ANALYSE
Washington, 16 octobre 2026. La presse économique américaine aborde le Roadster de Tesla par le prisme de la Bourse et de la crédibilité d'Elon Musk, bien avant celui de la prouesse technique. CNBC rappelle que la présentation était prévue jeudi soir sur un site d'essais de SpaceX à McGregor, au Texas, près de Waco, avec une diffusion en direct à 20 h 55, heure de l'Est.
Le récit s'ouvre sur près d'une décennie de retards. Elon Musk a présenté le concept en novembre 2017, et Tesla a commencé à encaisser des acomptes de 50 000 dollars la même année. Depuis, la chaîne note que l'entreprise « a manqué toutes les dates de livraison » visées. Il y a un an encore, Musk promettait une démonstration avant la fin de 2025, qui n'a pas eu lieu. CNBC cite aussi son message de juin 2018 sur un « pack option SpaceX » d'environ dix petits propulseurs, qui pourraient « même permettre à une Tesla de voler ».
Sur le plan commercial, le ton est réservé. CNBC écrit que la voiture, modèle haut de gamme produit en faible volume et reposant sur des technologies de SpaceX comme les propulseurs à gaz froid, ne devrait pas avoir d'effet financier significatif sur le constructeur. La chaîne rappelle que Tesla a rouvert ces dernières semaines les réservations, avec un acompte de 50 000 dollars aux États-Unis, au Canada et en Chine, et que les dirigeants étaient attendus sur le prix, les caractéristiques et les objectifs de production. Elle mentionne aussi la raillerie de Sam Altman, ancien allié de Musk et cofondateur d'OpenAI.
Bloomberg déplace la question vers la structure du groupe. Dans l'émission « The Close », l'investisseur Ross Gerber commente le dévoilement à la suite d'une note de Barclays selon laquelle Tesla et SpaceX pourraient fusionner avant la fin de l'année, éventuellement avant l'assemblée générale annuelle de Tesla. Gerber estime qu'une voiture chère fabriquée en petite série ne pèserait pas sur les comptes de Tesla. Dans cette lecture, la démonstration vaut surtout comme signal adressé aux actionnaires et comme argument en faveur d'un rapprochement entre les deux sociétés de Musk.
Les deux sources convergent ainsi : le Roadster est traité comme une vitrine pour les fans de Musk, dont CNBC relève l'enthousiasme sur les réseaux sociaux, et non comme un produit susceptible de changer la trajectoire de Tesla. Les enjeux financiers se situent ailleurs, dans l'éventuelle fusion avec SpaceX.
