ANGLE DOMINANT
Islamabad interroge la portée exacte du pacte de défense de Makkah signé avec Ryad et Ankara, alors que l'avancée houthiste vers le détroit de Bab-el-Mandeb pose la question d'une obligation d'intervention pakistanaise au titre de l'article 51.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le pacte de défense conjointe de Makkah, signé le 7 août 2026 par le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Turquie, prévoit qu'une attaque armée contre l'un des signataires sera regardée comme une attaque contre tous, en référence à l'article 51 de la Charte des Nations unies.
- 02
Le DG de l'ISPR, le lieutenant-général Ahmed Sharif Chaudhry, a déclaré à Al-Arabiya English que le pacte est « défensif », sans « ambition régionale », et que ses modalités opérationnelles restent classifiées.
- 03
L'ambassadeur du Pakistan à l'ONU, Asim Iftikhar Ahmad, a condamné mardi devant le Conseil de sécurité les attaques houthistes, et le Premier ministre Shahbaz Sharif a exprimé la même condamnation lors d'un appel avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.
ANALYSE
Islamabad, 16 septembre 2026. À Islamabad comme à Karachi, la presse se penche moins sur les origines de la nouvelle salve houthiste contre l'Arabie saoudite que sur ses implications pour le Pakistan lui-même. Le pacte de défense conjointe de Makkah, signé le 7 août par Islamabad, Ryad et Ankara, prévoit qu'une attaque armée contre l'un des trois pays sera regardée comme une attaque contre tous, en écho explicite à l'article 51 de la Charte des Nations unies sur la légitime défense.
Le porte-parole en chef de l'armée, le lieutenant-général Ahmed Sharif Chaudhry, directeur général des relations publiques inter-services (ISPR), a tenu à circonscrire la portée du texte dans un entretien accordé mercredi à Al-Arabiya English. « C'est défensif, comme le mot l'indique. Il n'y a rien d'agressif. Il n'y a aucune ambition régionale. C'est une dissuasion collective », a-t-il déclaré, ajoutant que les modalités opérationnelles restent classifiées et ne sont jamais rendues publiques.
La question se pose alors que les rebelles houthistes, après s'être emparés du port de Moka puis de l'île de Mayyoun dans le détroit de Bab-el-Mandeb, ont annoncé vouloir maintenir la voie ouverte au trafic international, sauf aux navires saoudiens. Un titre pakistanais s'interroge : si ce blocage sélectif équivaut à une attaque armée contre le royaume, qu'attendrait-on d'Islamabad en tant que signataire du pacte de Makkah ?
Sur le plan diplomatique, le Pakistan a condamné mardi, par la voix de son ambassadeur auprès de l'ONU, Asim Iftikhar Ahmad, devant le Conseil de sécurité, « dans les termes les plus forts, toutes les attaques houthistes contre le royaume d'Arabie saoudite ». Le Premier ministre Shahbaz Sharif a lui-même exprimé sa condamnation lors d'un échange téléphonique avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, soulignant que ces attaques menacent la stabilité régionale et la sécurité énergétique mondiale.
Les trois villes saoudiennes visées lundi, Khamis Mushait, Abha et Taïf, ont fait treize blessés civils et sept maisons endommagées, selon la coalition menée par Ryad, dont le porte-parole Turki Al-Malki a promis des mesures de dissuasion. Islamabad insiste enfin sur le caractère complémentaire du pacte de Makkah avec ses autres alliances, notamment sa relation historique avec Pékin, écartant toute idée de concurrence entre partenaires.
SOURCES (2)
- The Express TribuneMOYEN
