ANGLE DOMINANT
Doha défend une lecture strictement diplomatique de la crise : sauver le dialogue sur Ormuz avant que Bab-el-Mandeb ne bascule à son tour, tout en rappelant que la sécurité saoudienne engage directement celle du Golfe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Ibrahim bin Sultan al-Hashmi, a déclaré mardi 15 septembre que le monde « ne peut supporter le coût de la fermeture du détroit de Bab-el-Mandeb » après celui d'Ormuz
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Selon des données de suivi maritime relayées par Al Jazeera, seuls trois navires ont franchi le détroit d'Ormuz mardi 15 septembre 2026, contre cinq la veille
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Le ministère qatari des Affaires étrangères a condamné mardi les frappes houthistes sur Khamis Mushait, Abha et Taïf comme des « actes d'agression déshonorants », affirmant que la sécurité saoudienne fait partie intégrante de celle du Qatar et du CCG
ANALYSE
Doha, 16 septembre 2026. Pour le Qatar, la priorité reste diplomatique : sauver ce qui subsiste de dialogue sur le détroit d'Ormuz avant que la crise ne s'étende au détroit voisin de Bab-el-Mandeb. Lors du point de presse hebdomadaire du ministère des Affaires étrangères, mardi 15 septembre 2026, son porte-parole Ibrahim bin Sultan al-Hashmi a réaffirmé le soutien de Doha « aux efforts diplomatiques visant à préserver la liberté de navigation maritime et à parvenir à un accord global garantissant une paix durable dans la région ». Il a insisté sur l'urgence de rapprocher les positions, jugeant que « la priorité immédiate pour toutes les parties est de parvenir à un consensus sur une solution à la crise actuelle ».
Le même jour, le ministère a mis en garde contre toute normalisation de la fermeture des voies maritimes, avertissant que le monde « a déjà assez souffert de la fermeture du détroit d'Ormuz et ne peut supporter le coût de la fermeture du détroit de Bab-el-Mandeb ». Une formule qui traduit l'inquiétude qatarie devant l'effondrement mesuré du trafic : selon des données de suivi maritime relayées par Al Jazeera, seuls trois navires ont franchi Ormuz mardi 15 septembre, contre cinq la veille, tandis qu'un navire a été touché par un projectile non identifié lundi soir, sans dommage rapporté.
Sur le volet yéménite, Doha a condamné, dans un communiqué séparé daté du même mardi, les frappes de missiles balistiques et de drones houthistes sur Khamis Mushait, Abha et Taïf, qualifiées d'« actes d'agression déshonorants » et de « violation flagrante de la souveraineté » saoudienne. Le texte affirme que « la sécurité du Royaume d'Arabie saoudite fait partie intégrante de la sécurité de l'État du Qatar et du système de sécurité collective » du Conseil de coopération du Golfe — une manière d'inscrire l'attaque dans une logique d'alliance plutôt que dans un simple affrontement bilatéral entre Riyad et les houthistes.
Cette double insistance, sur la médiation d'un côté et sur la solidarité du Golfe de l'autre, explique le silence relatif de la presse qatarie sur le report de la réunion Iran-Golfe, présenté comme un contretemps technique plutôt que comme un signe de rupture. Pour le Qatar, dont l'économie dépend directement de la stabilité des voies maritimes régionales, chaque jour de blocage à Ormuz rappelle que la diplomatie du Golfe reste, à ses yeux, l'unique digue avant une escalade généralisée.
SOURCES (3)
- Al Jazeera ArabicMOYEN
