ANGLE DOMINANT
Berne mesure la crise du détroit à l'aune de ses propres repères : les experts suisses cités par la presse locale traduisent la marée noire d'Ormuz en unités familières — la surface du lac Léman — et documentent une Arabie saoudite prise en étau entre trois fronts militaires.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Greenpeace évoque cinq nappes de pétrole dans le détroit d'Ormuz et au large d'Oman, dont une aussi vaste que le lac Léman
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Cornelia Kienle (Eawag) recense les espèces menacées par les nappes : tortues vertes, baleines à bosse arabes, dugongs, dauphins, requins-baleines
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Les houthistes contrôlent désormais toute la côte yéménite de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, plaçant l'Arabie saoudite dans un « triangle de plus en plus inconfortable » entre Ormuz à l'est et la mer Rouge à l'ouest
ANALYSE
Berne, 16 septembre 2026. La presse suisse aborde la crise du détroit d'Ormuz par deux angles distincts mais complémentaires : le coût écologique de la guerre pétrolière et l'étau stratégique qui se referme sur l'Arabie saoudite.
SRF News rapporte que plusieurs pétroliers endommagés par des mines marines ou des tirs de roquettes ont laissé s'échapper du pétrole dans le détroit d'Ormuz et au large de la côte sud d'Oman. Greenpeace évoque cinq nappes distinctes, dont l'une couvrirait au moins la surface du lac Léman — une comparaison suisse pour rendre tangible l'ampleur du désastre. Cornelia Kienle, du centre d'écotoxicologie de l'institut de recherche sur l'eau Eawag, avertit qu'il est difficile d'évaluer la situation actuelle faute de données sur les quantités déversées, ajoutant que le pétrole s'échappe dans une zone de guerre active, sans fin en vue, et que cela pourrait encore s'aggraver nettement. Elle détaille les espèces menacées : tortues vertes, tortues imbriquées, baleines à bosse arabes en danger d'extinction, dugongs, dauphins, requins-baleines et oiseaux migrateurs de passage, ainsi que les mangroves qui protègent le littoral. Le pétrole atteignant la côte peut engluer le plumage des oiseaux marins et la fourrure des mammifères, provoquant noyade ou hypothermie ; il peut aussi recouvrir coraux, feuilles et racines, bloquer la photosynthèse et obstruer les branchies des poissons.
Le Temps, citant le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, décrit une Arabie saoudite « à court d'options » après la déroute du gouvernement yéménite internationalement reconnu, allié de Riyad, face aux rebelles houthistes, désormais maîtres de toute la côte yéménite de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb. Le royaume, poids lourd régional et grand exportateur pétrolier, se retrouve pris dans un « triangle de plus en plus inconfortable » : Ormuz perturbé à l'est par l'affrontement irano-américain, la mer Rouge verrouillée à l'ouest par les houthistes, et au centre, des drones tirés depuis l'Irak par des groupes pro-iraniens qui ont montré que même l'oléoduc est-ouest, principale voie de contournement d'Ormuz pour Riyad, reste vulnérable.
