ANGLE DOMINANT
Londres mesure le refus américain du plan iranien en sept jours d'abord à l'aune des marchés pétroliers, avant d'y voir une avancée diplomatique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de l'offre mondiale de pétrole et de gaz, est fermé depuis le déclenchement du conflit en février.
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Donald Trump a affirmé que les États-Unis exercent un « contrôle total » sur le détroit, où transitent selon lui « des quantités massives de pétrole ».
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Abbas Araghchi a écrit sur Telegram que Trump avait tenu « de nombreuses déclarations contradictoires », en attendant une réponse officielle américaine transmise par les médiateurs, dont Oman.
ANALYSE
Londres, 27 septembre 2026. À la City comme à Westminster, le rejet par Donald Trump du plan iranien de réouverture du détroit d'Ormuz est lu d'abord à travers le prisme des marchés de l'énergie. Le président américain a écarté samedi la proposition transmise par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi en marge de l'Assemblée générale des Nations unies : « Je rejette leur accord », a-t-il déclaré, affirmant que Washington exerce un « contrôle total » sur le détroit, où transitent selon lui « des quantités massives de pétrole ».
Le plan iranien, calqué sur le protocole d'accord signé en juin, prévoyait sept jours de cessation des hostilités dans toute la région, Liban compris, contre la levée du blocus naval américain, la suspension des sanctions pétrolières et un dégel d'avoirs. Pour la presse britannique, l'enjeu dépasse la diplomatie : le détroit, par lequel transite environ un cinquième de l'offre mondiale de pétrole et de gaz, est fermé depuis le déclenchement du conflit en février, et sa réouverture conditionnerait directement les cours de l'énergie autant que la trajectoire de l'économie iranienne, dont la monnaie a atteint des planchers records et l'inflation s'envole.
À la Maison Blanche, Trump a jugé la proposition inacceptable, estimant que Téhéran cherchait un accord « parce qu'ils perdent si mal ». Abbas Araghchi a répliqué sur Telegram, accusant le président américain d'avoir tenu « de nombreuses déclarations contradictoires », tout en indiquant que l'Iran attend désormais une réponse officielle transmise par les médiateurs — Oman jouant ce rôle d'intermédiaire entre Washington et Téhéran. Les Gardiens de la révolution ont pour leur part promis de continuer à « punir » les États-Unis tant que leurs conditions ne seront pas satisfaites.
Le geste le plus commenté outre-Manche reste toutefois symbolique : dans la nuit de vendredi à samedi, Trump a publié sur Truth Social une carte rebaptisant la voie maritime « Trump Strait », un affront que la presse britannique décrit comme une provocation calculée plutôt qu'un geste diplomatique. Cette mise en scène, conjuguée au flou sur une possible reprise des bombardements après les élections de mi-mandat de novembre, alimente à Londres l'idée que le dossier reste avant tout gouverné par le calendrier électoral américain et les cours du pétrole, davantage que par une réelle volonté de désescalade régionale.
