ANGLE DOMINANT
Singapour pèse le refus américain d'abord à l'aune du pétrole et du fret maritime, plus qu'au fil d'un round diplomatique à l'ONU.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Donald Trump a déclaré samedi 26 septembre : « Je rejette leur proposition... J'ai rejeté leur accord », avant de s'envoler pour le Tennessee.
- 02
Le plan iranien, transmis via des médiateurs qataris, offrait sept jours de cessation des hostilités et la réouverture d'Ormuz, mais excluait toute concession sur le programme nucléaire ou l'enrichissement d'uranium.
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Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré après avoir rencontré Antonio Guterres : « L'Iran n'a pas quitté la table des négociations, mais compte tenu du passé, il ne fait plus confiance aux États-Unis. »
ANALYSE
Singapour, 27 septembre 2026. Pour la presse de la cité-État, le refus opposé samedi 26 septembre par Donald Trump au plan iranien se lit d'abord à travers le prisme du pétrole et du trafic maritime, la ville étant l'un des grands carrefours du commerce énergétique mondial. Le Straits Times et Channel News Asia rapportent que le président américain a rejeté sans détour la proposition transmise par Téhéran via des médiateurs qataris en marge de l'Assemblée générale des Nations unies : « Je rejette leur proposition... J'ai rejeté leur accord. »
Le plan iranien promettait sept jours de cessation des hostilités au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d'Ormuz, verrou stratégique par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, mais Téhéran refusait toute concession sur son programme nucléaire ou l'enrichissement d'uranium, précise le Straits Times. Donald Trump a justifié son refus par la situation financière de l'Iran, affirmant que Téhéran cherchait un accord « parce qu'ils perdent si lourdement » et « parce qu'ils n'ont plus d'argent qui rentre, puisqu'ils tirent leurs revenus du détroit d'Ormuz ». Il a ajouté : « Nous gagnons énormément », avant de s'envoler pour le Tennessee.
Le Straits Times relève que Washington maintient un blocus économique sur l'Iran pour faire pression sur Téhéran afin qu'il lève son propre blocus du détroit, ce qui a considérablement réduit le trafic maritime dans la zone, alors même que Trump a réaffirmé que les États-Unis en gardaient le contrôle. Le conflit, désormais dans l'impasse depuis près de sept mois malgré de nouveaux efforts de médiation cette semaine, continue de perturber les flux pétroliers et l'économie mondiale, tandis que l'Iran et ses alliés poursuivent leurs attaques dans la région malgré les tentatives diplomatiques infructueuses depuis février.
Channel News Asia note que le président iranien Massoud Pezeshkian, de retour de New York après avoir rencontré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, a affirmé : « L'Iran n'a pas quitté la table des négociations, mais compte tenu du passé, il ne fait plus confiance aux États-Unis. » Plus tôt dans la semaine, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s'était entretenu avec un émissaire de Donald Trump.
Pour Singapour, hub logistique et raffineur régional, la persistance du blocage à Ormuz pèse directement sur les coûts de fret et l'approvisionnement énergétique de l'Asie, plus que sur l'issue diplomatique elle-même.
