Le 17 mai 2026, l'OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) face à l'épidémie d'Ebola sévissant en République démocratique du Congo et en Ouganda. Ce niveau correspond au second degré d'alerte le plus élevé du Règlement sanitaire international. La souche en cause, Bundibugyo, ne dispose à ce jour d'aucun vaccin ni traitement approuvé, contrairement à la souche Zaïre pour laquelle des vaccins existent.
La propagation transfrontalière est confirmée : des cas ont été détectés à Kampala et à Kinshasa, situées à plusieurs centaines de kilomètres de l'épicentre, en province d'Ituri. L'OMS déconseille explicitement les fermetures de frontières et les restrictions de voyage, qu'elle juge contre-productives. La zone touchée reste d'accès difficile en raison des conflits armés, de la mobilité liée à l'activité minière et d'infrastructures sanitaires fragilisées, ce qui rend la surveillance épidémiologique fragmentaire.
Cette crise s'inscrit dans un contexte sécuritaire tendu en Afrique centrale et orientale. L'Ituri est marqué par des décennies d'affrontements impliquant diverses milices, et un cas confirmé à Goma, ville sous contrôle de la milice M23, illustre les obstacles logistiques supplémentaires. La déclaration met aussi à l'épreuve, pour la première fois en contexte africain, les mécanismes de gouvernance sanitaire instaurés après la pandémie de Covid-19, dont le seuil d'urgence pandémique introduit en juin 2024.
Plusieurs points restent disputés. Certains acteurs doutent de la capacité des déclarations d'urgence de l'OMS à mobiliser rapidement des ressources concrètes, citant le précédent du mpox en 2024 ; d'autres se concentrent sur les données épidémiologiques sans questionner le mécanisme institutionnel. L'absence de vaccin contre la souche Bundibugyo relance enfin le débat sur les inégalités de recherche entre pathogènes, et la mobilisation initiale de 500 000 USD par l'OMS est jugée par certains observateurs insuffisante au regard de l'ampleur potentielle de la crise.