ANGLE DOMINANT
Pretoria calcule déjà la facture énergétique d'une crise saoudienne qui s'ajoute à six mois de guerre Iran-États-Unis, avec le détroit de Bab-el-Mandeb sous menace houthie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le détroit de Bab-el-Mandeb, par lequel transite environ 12% du commerce mondial, est tombé sous contrôle de facto des Houthis vendredi après la prise d'une île stratégique.
- 02
Bagdad a fixé au 30 septembre la date limite pour le désarmement des groupes armés non étatiques, mais plusieurs des milices les plus puissantes ont déjà dit refuser de s'y plier.
- 03
Donald Trump a minimisé la crise samedi en déclarant : « Everything will work out just fine. It's all going to work out fine. »
ANALYSE
Johannesburg, 13 septembre 2026. Pretoria calcule déjà la facture d'une crise qui se joue à des milliers de kilomètres mais qui remonte directement jusqu'à la pompe sud-africaine. L'oléoduc Est-Ouest saoudien, fermé après des attaques de drones dans la nuit de vendredi à samedi, transportait ces derniers mois entre 4 et 5 millions de barils par jour vers la mer Rouge, contournant le détroit d'Ormuz. Sa fermeture, conjuguée à la prise vendredi par les rebelles houthis d'une île stratégique du détroit de Bab-el-Mandeb — voie par laquelle transite environ 12% du commerce mondial —, a fait repasser le brut au-dessus de 100 dollars le baril.
Pour la presse économique sud-africaine, qui a repris quasi mot pour mot les dépêches, le fil conducteur est moins l'attaque elle-même que ses répercussions en cascade sur des prix déjà gonflés par « six mois de guerre Iran-États-Unis ». Le détroit de Bab-el-Mandeb, s'il tombe sous contrôle houthi, pourrait faire s'envoler les cours mondiaux, selon Business Day et TimesLIVE, qui reprennent le même article.
Bagdad a confirmé samedi que les drones avaient été tirés depuis le territoire irakien, limogé un commandant militaire et promis une enquête, tout en fixant au 30 septembre la date limite pour que les groupes armés non étatiques rendent leurs armes — un ultimatum que plusieurs des milices les plus puissantes du pays ont déjà dit ne pas vouloir respecter. Un groupe de milices proches de l'Iran a nié toute implication dans l'attaque, tout en saluant les « victoires continues sur le champ de bataille contre les forces saoudiennes » des Houthis.
Interrogé samedi sur les prix mondiaux du pétrole et ses échanges avec le prince héritier saoudien, Donald Trump a tenté de rassurer les marchés : « Everything will work out just fine. It's all going to work out fine. » Une petite phrase, reprise telle quelle par les titres sud-africains, qui tranche avec l'inquiétude d'une économie importatrice nette de carburant, déjà sensible à chaque poussée du Brent sur les prix à la pompe et l'inflation intérieure.
