ANGLE DOMINANT
Manille pèse d'abord la facture : la fermeture de l'oléoduc saoudien Est-Ouest et le baril repassé au-dessus de 100 dollars menacent un pays qui importe la quasi-totalité de son pétrole.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'oléoduc Est-Ouest saoudien, long de 1 200 km, transportait 4 à 5 millions de barils par jour (4 à 5 % de l'offre mondiale) avant sa fermeture
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Le prix du baril est repassé au-dessus de 100 dollars après les attaques de drones et la fermeture combinée avec le blocage du détroit d'Ormuz
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Des sources gouvernementales yéménites citées par Reuters affirment que les Houthis ont pris le contrôle de l'île de Perim, à l'entrée du détroit de Bab el-Mandeb
ANALYSE
Manille, 13 septembre 2026. La fermeture de l'oléoduc Est-Ouest saoudien, annoncée samedi après des attaques de drones venues d'Irak, résonne aux Philippines comme un signal d'alerte économique plus que militaire. Le pipeline de 1 200 kilomètres, qui relie Abqaiq au port de Yanbu sur la mer Rouge, acheminait ces derniers mois entre 4 et 5 millions de barils par jour, soit 4 à 5 % de l'offre mondiale, selon les données citées par GMA News. Sa fermeture, conjuguée au blocage persistant du détroit d'Ormuz, a fait repasser le brut au-dessus des 100 dollars le baril, un niveau que la presse locale scrute de près tant l'archipel dépend des importations pour couvrir l'essentiel de ses besoins énergétiques.
Le ministère saoudien de l'Énergie a présenté la fermeture comme une mesure de précaution après une attaque ayant fait des blessés dans les régions de Riyad et de Médine, selon l'Inquirer. Riyad a choisi de ne pas riposter dans l'immédiat, à la demande du Premier ministre irakien, tout en se réservant « le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa souveraineté, sa sécurité, ses installations et ses habitants ». Bagdad a de son côté limogé un commandant militaire en réponse à l'attaque.
La situation se double d'une tension en mer Rouge : des sources gouvernementales yéménites citées par Reuters affirment que les rebelles houthis se sont emparés vendredi de l'île stratégique de Perim, à l'entrée du détroit de Bab el-Mandeb. GMA News souligne que cette double poussée, sur l'oléoduc et sur l'île, pourrait marquer une escalade dangereuse alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre régionale restent au point mort. Riyad aurait par ailleurs demandé une aide militaire à Washington face aux Houthis, une hausse des prix du carburant qui pèse déjà, selon des sources, sur le crédit politique du président américain avant les élections.
Pour Manille, l'enjeu immédiat reste la volatilité du baril et son impact potentiel sur les prix du carburant et du transport dans l'archipel, sans qu'aucun élément des dépêches disponibles ne détaille encore de mesures locales.
