ANGLE DOMINANT
New Delhi pèse le risque d'un baril durablement au-dessus de 100 dollars, alors que la fermeture de l'oléoduc saoudien prive Riyad de sa dernière voie de contournement du détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'oléoduc Est-Ouest, long de 1 200 km, transportait entre 4 et 5 millions de barils par jour, soit 4 à 5% de l'offre mondiale, selon les sociétés de suivi des tankers citées par The Hindu Business Line.
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Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a limogé le commandant du secteur opérationnel de la province de Maysan, frontalière de l'Iran, après avoir établi que les drones en étaient partis.
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Donald Trump a déclaré à Dublin que l'Iran était «probablement» responsable de l'attaque, selon le Times of India, tout en précisant que les Houthis avaient indiqué ne pas vouloir une implication directe des États-Unis.
ANALYSE
New Delhi, 13 septembre 2026. L'Inde, grand importateur de brut, pèse les conséquences de la fermeture de l'oléoduc Est-Ouest saoudien après des attaques de drones survenues dans la nuit de jeudi à vendredi contre des stations de pompage dans les régions de Riyad et Médine, blessant plusieurs personnes. Selon le Times of India, le ministère saoudien de l'Énergie a présenté cette fermeture comme une «mesure de précaution», tandis que la diplomatie saoudienne a affirmé que les drones étaient entrés depuis l'Irak, où opèrent des milices soutenues par l'Iran.
La presse indienne souligne la portée de l'infrastructure visée : longue de 1 200 kilomètres, la conduite permettait à Riyad de contourner le détroit d'Ormuz, engorgé depuis la guerre entre les États-Unis et l'Iran, en acheminant vers la mer Rouge entre 4 et 5 millions de barils par jour, soit 4 à 5% de l'offre mondiale, selon les sociétés de suivi des tankers citées par The Hindu Business Line. Sa fermeture a fait repasser le baril au-dessus de 100 dollars.
Bagdad a réagi vite : le Premier ministre Ali al-Zaidi a ordonné une enquête sur le commandement opérationnel de la province de Maysan, frontalière de l'Iran, et limogé son responsable après avoir établi l'origine irakienne des tirs. Riyad a dit vouloir laisser à l'Irak «l'opportunité de prendre les mesures nécessaires» plutôt que de riposter.
Donald Trump, interrogé à Dublin, a jugé l'Iran «probablement» responsable de l'attaque. Il a précisé avoir échangé avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, et affirmé que les rebelles houthis du Yémen, alignés sur Téhéran, avaient fait savoir à son administration qu'ils ne souhaitaient pas une implication directe de Washington.
Les articles indiens relaient aussi l'aggravation parallèle en mer Rouge : selon des sources gouvernementales yéménites citées par Reuters, les Houthis ont saisi vendredi l'île stratégique de Perim, à l'entrée du détroit de Bab el-Mandeb, resserrant l'étau sur la dernière route de contournement disponible. Des responsables régionaux évoquent une coordination entre Houthis et milices irakiennes contre les installations pétrolières saoudiennes. Pour la presse économique indienne, la combinaison des deux fronts, Ormuz et Bab el-Mandeb, referme les issues maritimes du brut de la péninsule Arabique, avec un effet mécanique sur les prix qu'un grand importateur comme l'Inde ne peut ignorer.
