ANGLE DOMINANT
Canberra mesure l'onde de choc pétrolière plutôt que la seule bataille militaire : la fermeture de l'oléoduc Est-Ouest saoudien et la prise de l'île de Perim par les Houthis referment presque simultanément les deux grandes voies de contournement du Golfe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les Houthis ont atteint l'île stratégique de Perim dans le détroit de Bab el-Mandeb, selon quatre sources gouvernementales yéménites citées par le Sydney Morning Herald et The Age
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L'oléoduc Est-Ouest saoudien a été fermé après une attaque de drones lancée depuis l'Irak ; le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné le ciblage de l'oléoduc dans les régions de Riyad et Médine
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Un commandant militaire irakien a été limogé samedi après que des enquêtes ont confirmé le lancement des drones depuis le territoire irakien, selon ABC News
ANALYSE
Canberra, 13 septembre 2026. Pour la presse australienne, la fermeture de l'oléoduc Est-Ouest saoudien s'inscrit dans une crise qui referme presque simultanément les deux grandes voies de contournement du Golfe. Le Sydney Morning Herald et The Age rapportent que les rebelles houthis, alliés de l'Iran, ont atteint l'île stratégique de Perim, dans le détroit de Bab el-Mandeb, selon quatre sources gouvernementales yéménites, tandis que les forces soutenues par Riyad se retiraient aussi de la ville côtière de Dhubab, en face de l'île. Au même moment, l'oléoduc Est-Ouest, qui « a aidé à soulager l'engorgement du détroit d'Ormuz », a été fermé après une attaque de drones lancée depuis l'Irak, selon des responsables saoudiens cités par les deux titres.
Cette double fermeture inquiète les analystes du transport maritime : « Ces eaux ne sont pas sûres », résume Michelle Wiese Bockmann, de la société de renseignement maritime Windward, citée par le Sydney Morning Herald. Le journal rappelle que si les Houthis contrôlaient durablement Bab el-Mandeb, leur parrain iranien obtiendrait un avantage décisif dans sa guerre contre les États-Unis, réduisant l'accès à un second corridor majeur et poussant les prix à la hausse. Depuis le début du conflit fin février, au moins 22 marins ont été tués en mer, selon le New York Times relayé par la presse australienne.
ABC News détaille la version saoudienne : le ministère des Affaires étrangères a condamné le ciblage de l'oléoduc « dans les régions de Riyad et Médine par plusieurs drones venus d'Irak », causant blessures et dégâts, une fermeture présentée comme une mesure de précaution après les attaques survenues vendredi. Riyad dit avoir choisi de ne pas répondre, à la demande du premier ministre irakien, tout en se réservant « le droit de prendre toutes les mesures nécessaires » pour sa souveraineté. Bagdad a condamné l'attaque et limogé un commandant militaire samedi. Le président iranien Masoud Pezeshkian, en marge d'un sommet des BRICS en Inde, a répliqué : « Nous n'avons pas besoin d'un policier régional. » Riyad aurait aussi sollicité une aide militaire de Washington, alors que la hausse des prix du carburant pèse sur Donald Trump avant les élections de mi-mandat de novembre. L'Iran doit rencontrer les États du Golfe à Oman lundi pour évoquer le détroit d'Ormuz.
