ANGLE DOMINANT
Rome décrypte le scandale Infantino à travers le prisme de la nationalité italo-suisse du dirigeant, entre satire politique et rappel de ses dossiers sensibles antérieurs (Superligue, privatisation du Mondial, affaire Balogun).
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'UEFA confirme avoir versé une indemnité de fin de contrat ainsi que les frais d'un MBA à l'employée en question, un paiement « conforme aux réglementations en vigueur à l'époque » (Adnkronos)
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Le porte-parole d'Infantino, marié et père de quatre enfants, qualifie les accusations de « catégoriquement fausses et diffamatoires » (Adnkronos)
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Panorama relie l'affaire à d'autres dossiers contestés du mandat d'Infantino : le projet de privatisation du Mondial, l'ancienne Superligue FIFA de 2021 et l'annulation « sur demande présidentielle » de la suspension du joueur Balogun
ANALYSE
Rome, 9 août 2026. La presse italienne suit avec attention la nouvelle tourmente qui frappe Gianni Infantino, le juriste italo-suisse à la tête de la FIFA depuis 2016. Pour Adnkronos, il s'agit d'une «nouvelle bourrasque» venant s'ajouter à la fronde de l'UEFA contre sa gestion du football mondial. Selon l'enquête du Telegraph, relayée par l'agence italienne, Infantino aurait fait verser par l'UEFA, alors qu'il en était secrétaire général, une indemnité de départ «à six chiffres» à une employée avec laquelle il aurait entretenu une liaison — l'organisation ayant aussi financé un MBA pour cette dernière. Le porte-parole d'Infantino, marié et père de quatre enfants, dément «avec force» toute accusation, qualifiée de «catégoriquement fausse et diffamatoire». L'UEFA confirme de son côté avoir versé une indemnité de fin de contrat ainsi que les frais d'un MBA, précisant que ce paiement «était conforme aux réglementations en vigueur à l'époque» pour le personnel sortant, des règles «durcies depuis 2016».
Panorama va plus loin dans le ton, évoquant un dirigeant aux «tiroirs débordants de projets» — de la Coupe du monde privatisée à l'ancienne idée de Superligue FIFA de 2021 — «tous mis hors-jeu» par l'UEFA d'Aleksander Ceferin. L'hebdomadaire rappelle aussi l'annulation, «sur demande présidentielle», de la suspension du joueur Balogun, présentée comme un précédent révélateur pour crédibiliser l'affaire. Il ironise sur le risque, pour l'homme qui «prit la FIFA pour une couronne», de passer de «plénipotentiaire du football mondial à voyageur avec visa touristique pour Sainte-Hélène».
Ni Panorama ni Adnkronos ne relaient encore la version de la FIFA, qui dénonce un «effort concerté et continu» pour affaiblir l'institution et son président, ni la mobilisation de fédérations comme la Norvège, qui réclame la démission d'Infantino avant l'élection de 2027. La presse italienne, elle, insiste sur la double nationalité du dirigeant, né dans le Haut-Valais mais originaire du Piémont, et sur l'accumulation de dossiers sensibles — argent, gouvernance, favoritisme — qui fragilisent, à ses yeux, la légitimité d'un homme jusque-là présenté comme l'artisan d'un Mondial 2026 salué par Donald Trump comme «le plus réussi de l'histoire».
