ANGLE DOMINANT
Rome décrypte le scrutin suédois moins comme une alternance politique classique que comme le test grandeur réelle de la ligne dure sur l'immigration, dont le bilan chiffré paraît mitigé.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le bloc d'opposition devancerait la coalition sortante d'un seul siège selon certaines projections (175 contre 174), un résultat définitif attendu mercredi ou jeudi après le dépouillement des votes anticipés et de l'étranger
- 02
Les Démocrates de Suède reculent pour la première fois depuis leur entrée au Riksdag en 2010, passant d'environ 20,5% (2022) à 17,5-18,5% des voix
- 03
Les subventions suédoises au retour, revalorisées jusqu'à 31 000 euros par personne, n'ont convaincu que 171 bénéficiaires depuis le début de 2026
ANALYSE
Rome, 15 septembre 2026. Le dépouillement des législatives suédoises confirme, aux yeux de la presse italienne, un basculement politique acquis à la marge la plus étroite possible : selon les projections de l'autorité électorale, le bloc d'opposition mené par la sociale-démocrate Magdalena Andersson devancerait la coalition sortante d'un seul siège, 175 contre 174, un écart si mince que le résultat définitif n'est attendu que mercredi ou jeudi, une fois comptés les quelque 220 000 votes anticipés et venus de l'étranger. Les premiers exit poll de SVT/Valu avaient pourtant annoncé un écart bien plus large, 183 sièges contre 166, avant que le dépouillement effectif ne resserre nettement la marge.
Mais ce qui retient surtout l'attention à Rome, c'est le sort des Démocrates de Suède : le parti de Jimmie Åkesson, qui avait conditionné la politique migratoire du gouvernement d'Ulf Kristersson depuis 2022, recule pour la première fois depuis son entrée au Riksdag en 2010, passant d'environ 20,5% à 17,5-18,5% des voix selon les estimations. La revue Internazionale met ce repli en regard d'un bilan jugé décevant : les « subventions au retour » lancées par Stockholm en 2022 et revalorisées cette année - jusqu'à 31 000 euros par personne, 45 000 pour un couple, 53 000 pour une famille - n'ont convaincu que 171 personnes début 2026, malgré une campagne d'affichage ciblant explicitement les étrangers.
Le quotidien Libero Quotidiano avait pourtant anticipé, jusqu'à la veille du vote, un possible maintien de la ligne dure, jugeant que l'adhésion aux politiques anti-immigration de Kristersson n'était « plus une utopie » alors que les sondages créditaient les Démocrates de Suède de 18 à 19% des voix.
Sur les alliances, ANSA souligne la difficulté qui attend Andersson : concilier le Parti de la gauche, qui réclame un rôle gouvernemental, et le Parti du centre, réticent à toute coalition avec lui. Le secrétaire social-démocrate Tobias Baudin s'est dit « assolutamente convinto » qu'un compromis serait trouvé, tout en reconnaissant qu'une formation de gouvernement pourrait prendre des semaines, voire des mois. Kristersson, de son côté, a averti que « quale governo guiderà la Svezia nei prossimi anni è una questione ancora aperta ».
SOURCES (4)
- AdnkronosMOYEN
- Libero QuotidianoMOYEN
- InternazionaleMOYEN
