ANGLE DOMINANT
Berne mesure combien l'issue reste ténue : 176 sièges contre 173 sur 349, un recul inédit des Démocrates de Suède, et la question de savoir si Magdalena Andersson pourra tenir ensemble un Parti de gauche qui exige d'entrer au gouvernement et un Parti du centre qui s'y refuse.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les quatre partis d'opposition totalisent 176 sièges sur 349, contre 173 pour la coalition sortante de Kristersson, selon les projections SVT relayées par la SRF.
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Les Démocrates de Suède reculent pour la première fois depuis leur entrée au Riksdag en 2010, passant d'environ 20,5% en 2022 à 17,5%, et perdent leur rang de deuxième parti.
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Le résultat définitif est attendu mercredi, après le dépouillement des votes des Suédois de l'étranger.
ANALYSE
Berne, 15 septembre 2026. Le scrutin suédois de dimanche laisse la presse suisse face à une élection qui se solde à un souffle : 176 sièges contre 173 sur 349, un total qui ne sera définitif que mercredi, une fois dépouillés les votes des Suédois de l'étranger.
Selon les projections de la télévision publique SVT relayées par la SRF, les quatre partis qui soutiennent Magdalena Andersson — sociaux-démocrates, Parti de gauche, Verts et Parti du centre — totalisent 176 sièges, contre 173 pour la coalition du premier ministre sortant Ulf Kristersson, adossée depuis 2022 à l'accord dit « Tidö » avec les Démocrates de Suède. Fait notable pour la presse suisse : c'est le premier recul de la formation d'extrême droite depuis son entrée au Riksdag en 2010, à environ 17,5% des voix contre 20,5% en 2022, et sa perte du rang de deuxième parti du pays. « Une onde de choc traverse sans doute les rangs des Démocrates de Suède, ils ne s'y attendaient pas », relève le politologue Tommy Möller, cité par l'agence TT et repris par la SRF.
La presse suisse insiste sur la fragilité de la majorité obtenue par Magdalena Andersson, qui devra désormais concilier deux alliés aux exigences opposées : le Parti de gauche réclame un siège au gouvernement, tandis que le Parti du centre refuse de gouverner à ses côtés. Le Temps rapporte les mots de l'ancienne cheffe de gouvernement (2021-2022), qui avait posé le choix dès le matin du vote : « Voulons-nous un gouvernement entièrement dominé par les Démocrates de Suède, ou voulons-nous un gouvernement dirigé par moi, qui conduira la Suède dans un nouvel esprit de coopération ? »
Côté SD, la députée Julia Kronlid a relativisé le recul auprès de l'AFP : « C'est un peu décevant de ne plus être le deuxième plus grand parti [...] mais ce n'est pas encore terminé. » La SRF replace ce résultat dans la durée : l'accord de Tidö, prix payé par Kristersson pour accéder au pouvoir en 2022 à quelques milliers de voix près, avait ouvert la porte à une première entrée des nationalistes au gouvernement. Le scrutin de dimanche referme cette perspective, au moins temporairement.
La campagne, dominée par la santé et le pouvoir d'achat selon Le Temps, mais aussi par la criminalité des gangs selon la SRF, avait vu Kristersson revendiquer un recul des fusillades. Les résultats définitifs, attendus mercredi, décideront si l'écart de trois sièges suffit à Andersson pour gouverner.
