ANGLE DOMINANT
Lisbonne retient de la chute des Démocrates de Suède moins un basculement de majorité qu'un désaveu de quatre années de durcissement pénal et migratoire mené par le gouvernement Kristersson.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon les premières projections de la télévision publique SVT, diffusées dimanche 13 septembre 2026 à 20h00 (19h00 à Lisbonne), l'opposition obtiendrait 51,3 % des voix contre 46,8 % pour le bloc de droite.
- 02
Les Démocrates de Suède, qui avaient atteint 20,5 % des voix en 2022 (leur meilleur résultat depuis leur fondation en 1980) et étaient alors la première force de droite, retombent à 17,2 % et perdent leur deuxième place.
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John Stauffer, directeur juridique de Civil Rights Defenders, cité par le Jornal Económico, affirme que les politiques anti-criminalité et migratoires des quatre dernières années ont menacé la réputation de la Suède en matière de droits humains.
ANALYSE
Lisbonne, 15 septembre 2026. La presse portugaise a suivi la soirée électorale suédoise du dimanche 13 septembre 2026 comme un basculement historique : selon les premières projections de la télévision publique SVT, diffusées à 20h00 (19h00 à Lisbonne), heure de la fermeture des bureaux de vote, l'opposition — « majoritairement de gauche, mais incluant aussi le Parti du Centre » — obtiendrait 51,3 % des voix contre 46,8 % pour le bloc de droite. De quoi, écrit le Jornal Económico, faire de Magdalena Andersson « la première femme élue première ministre » de Suède, après quatre ans dans l'opposition.
Le fait marquant pour les rédactions portugaises n'est cependant pas tant l'alternance que la chute des Démocrates de Suède. Fondé en 1980, le parti nationaliste avait obtenu son meilleur résultat en 2022, avec 20,5 % des voix, devenant alors la première force de droite au Parlement. Selon les projections SVT, il retombe à 17,2 %, cédant sa deuxième place. SAPO Notícias évoque une « déception » pour cette droite radicale, contrastant avec la « jubilation » des sociaux-démocrates réunis dans un hôtel du centre de Stockholm, où les Verts, crédités de 7,4 % des voix, ont eux aussi célébré un possible partenariat de coalition.
À l'entrée de la soirée électorale, Magdalena Andersson a réaffirmé son ouverture « à la collaboration avec tous les partis, sauf les Démocrates de Suède ». Elle a résumé son programme : « faire redémarrer l'économie, que les gens ordinaires aient plus d'argent en poche, et que la crise dans l'éducation et la santé prenne fin. »
C'est le Jornal Económico qui creuse le plus l'angle sécuritaire et migratoire : le scrutin intervenait, rappelle le journal, une semaine après la victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt, et il citait John Stauffer, directeur juridique de Civil Rights Defenders, selon qui les quatre années de gouvernement Kristersson-Démocrates de Suède ont produit « des changements énormes dans les politiques de lutte contre la criminalité et l'immigration », au point de menacer la réputation de la Suède comme défenseure des droits humains. Ce recul électoral de l'extrême droite, pour la presse portugaise, se lit d'abord comme un désaveu de ce virage, plus que comme un simple calcul arithmétique de sièges au Riksdag, où chaque parti doit franchir 4 % des voix pour entrer au Parlement.
SOURCES (3)
- SAPO NotíciasMOYEN
- Jornal EconómicoMOYEN
- RTP NotíciasMOYEN
