ANGLE DOMINANT
La Suède pèse un basculement à peine perceptible : 176 sièges contre 173, une majorité rouge-verte qui tient à environ 28 600 voix et à la débâcle inédite des Démocrates de Suède, avant le verdict des voix de l'étranger mercredi.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Avec 99 % des bureaux dépouillés, l'opposition mène par 176 sièges contre 173, un écart de 0,45 point de pourcentage soit environ 28 600 voix (Dagens Nyheter)
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Les Démocrates de Suède tombent à 17,7 % des voix contre 20,5 % en 2022, leur première baisse depuis leur entrée au Riksdag en 2010, et perdent leur rang de deuxième parti au profit des Modérés
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Le Parti du Centre (7,1 %) refuse de soutenir un gouvernement où siégerait le Vänsterpartiet (8,2 %), qui exige lui-même d'y entrer, compliquant la formation d'une majorité pour Magdalena Andersson
ANALYSE
Stockholm, 15 septembre 2026. Au lendemain d'une nuit électorale à suspense, la Suède ignore encore qui gouvernera. Selon l'Autorité électorale, avec 99 % des bureaux dépouillés, les quatre partis d'opposition — sociaux-démocrates, Verts, Centre et Vänsterpartiet — devancent la coalition sortante de 176 sièges contre 173, un écart de seulement 0,45 point de pourcentage, soit environ 28 600 voix, selon le calcul du quotidien Dagens Nyheter. En 2022, l'écart entre les deux blocs était presque double, à 0,72 point. Le résultat définitif n'est attendu que mercredi, une fois comptées les « voix du mercredi » — bulletins de vote anticipé arrivés tardivement et suffrages de l'étranger, qui avaient ajouté environ 251 000 bulletins en 2022.
Le fait marquant de la soirée reste le recul des Démocrates de Suède, en tête des sondages depuis des mois avant le vote : le parti d'extrême droite tombe à 17,7 % des voix, contre 20,5 % en 2022, sa première baisse depuis son entrée au Riksdag en 2010. Les Modérés du Premier ministre Ulf Kristersson en profitent pour redevenir le premier parti de droite. Une élue du parti, Julia Kronlid, a reconnu auprès de l'AFP : « C'est un peu une déception de ne plus être le deuxième parti. » Le politologue Erik Wångmar (Linnéuniversitetet) attribue la vague rouge-verte aux grandes villes : sur les 33 mandats de la commune de Stockholm, 21 iraient à l'opposition, un basculement qu'il juge déterminant « à la marge ».
Même en cas de victoire confirmée, Magdalena Andersson devra composer avec un attelage fragile : le Vänsterpartiet exige des ministres, ce que refuse catégoriquement le Parti du Centre, qui a pourtant progressé de 0,3 point à 7,1 %, derrière les 8,2 % du Vänsterpartiet. Kristersson, lui, n'a pas renoncé : il a annoncé chercher une majorité « non socialiste » alternative, y compris sans ministres démocrates-de-suède, en visant précisément le Centre. La presse suédoise rappelle qu'en 2018, un scénario comparable avait débouché sur 37 jours de tractations avant l'investiture d'un gouvernement, en janvier.
Cette incertitude a un coût concret pour certains résidents : le média anglophone The Local souligne qu'un gouvernement caretaker dirigé par Ulf Kristersson pourrait rester en fonction plusieurs mois, retardant d'éventuelles règles transitoires sur la naturalisation ou l'arrêt d'expulsions liées au Brexit et de mineurs, promises par la gauche en cas de victoire.
SOURCES (2)
- The Local SwedenMOYEN
- Dagens NyheterMOYEN
