ANGLE DOMINANT
Ankara relie le scrutin suédois à son propre vote d'adhésion : le Parlement turc avait approuvé l'entrée de la Suède dans l'OTAN par les voix de l'AKP, du MHP et du CHP, et mesure si le repli inédit des Démocrates de Suède change la donne pour l'Alliance.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon Bianet, les sondages pré-électoraux donnaient le bloc de gauche à 50,8 % des voix contre 47,6 % pour le bloc au pouvoir, dans une élection qualifiée de « başa baş » (au coude à coude).
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Le Parlement turc (TBMM) avait approuvé l'adhésion de la Suède à l'OTAN par les voix conjointes de l'AKP, du MHP et du CHP, rappelle Bianet.
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Selon l'universitaire Nicholas Aylott (Södertörn), cité par Anadolu, les niveaux de migration et de violence criminelle ont nettement baissé en Suède, déplaçant la campagne vers la santé et l'éducation.
ANALYSE
Ankara, 15 septembre 2026. À deux jours du scrutin suédois de dimanche 13 septembre, la presse turque revient sur un résultat resté flou jusqu'au bout. Selon les décomptes cités par Bianet, le bloc d'opposition mené par Magdalena Andersson — sociaux-démocrates, Verts, Parti de gauche et Parti du centre — l'aurait emporté avec 176 sièges sur 349, contre 173 pour la coalition sortante du Premier ministre Ulf Kristersson, adossée depuis 2022 au soutien externe des Démocrates de Suède. Le résultat définitif reste suspendu au dépouillement des votes de l'étranger, attendu mercredi 16 septembre.
L'agence Anadolu souligne que ce scrutin s'est joué sur un terrain différent des deux précédents : « les niveaux de migration ont nettement baissé en Suède ... et le taux de violence criminelle, très élevé il y a quatre ans, ne l'est plus autant aujourd'hui », relève Nicholas Aylott, de l'université Södertörn, cité par Anadolu. Selon PerOla Oberg, de l'université d'Uppsala, ce sont la santé, l'éducation et la prise en charge des personnes âgées qui ont dominé la campagne. Les sociaux-démocrates ont proposé une hausse des impôts sur les banques et les hauts revenus pour financer l'hôpital et l'école, et soutenir les ménages frappés par la hausse du coût de la vie.
Pour la presse turque, le fait marquant reste le recul inédit, depuis leur entrée au Riksdag en 2010, des Démocrates de Suède, qui espéraient au contraire passer du soutien extérieur à une participation directe au gouvernement. Bianet rappelle un enjeu propre à la Turquie : le Parlement turc (TBMM) avait approuvé l'adhésion de la Suède à l'OTAN par les voix conjointes de l'AKP, du MHP et du CHP — un dossier qui avait longtemps opposé Ankara à Stockholm sur la question kurde. Les médias turcs ont aussi relayé, avant le vote, un message adressé aux sociaux-démocrates par Selahattin Demirtaş, ancien coresponsable du HDP emprisonné en Turquie.
Reste, pour Andersson, la difficulté déjà identifiée par Bianet avant le vote : consolider une majorité où le Parti de gauche réclame d'entrer au gouvernement, tandis que le Parti du centre s'y refuse.
