ANGLE DOMINANT
Norvège décrypte le recul des Démocrates de Suède comme la preuve qu'une ligne dure sur l'immigration et la délinquance ne garantit plus, à elle seule, l'adhésion des électeurs, même quand les résultats sont visibles sur le terrain.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Les Démocrates de Suède obtiennent 17,6 % des voix, contre plus de 20 % en 2022, perdant leur place de deuxième parti du pays (VG).
- 02
Le bloc d'opposition rouge-vert obtiendrait 176 sièges sur 349, contre 173 pour les partis soutenant Ulf Kristersson, écart qui peut encore évoluer avec les votes de l'étranger attendus mercredi 16 septembre (Aftenposten).
- 03
Plusieurs bureaux de vote suédois sont restés ouverts jusque vers 22 heures dimanche, deux heures après l'horaire officiel, en raison de files d'attente liées aux 103 bulletins présents dans chaque isoloir (Aftenposten).
ANALYSE
Oslo, 15 septembre 2026. À Oslo, la presse scrute le verdict serré des urnes suédoises en s'attardant surtout sur le sort des Démocrates de Suède (SD), partenaire de la coalition Kristersson depuis 2022. Selon VG, le parti d'extrême droite obtient 17,6 % des voix, contre plus de 20 % en 2022, un recul de trois points qui lui fait perdre sa place de deuxième force du pays. Le constat surprend d'autant plus que SD avait obtenu, via l'accord de Tidö conclu avec les Modérés, les chrétiens-démocrates et les libéraux, un net durcissement de la politique migratoire : regroupement familial restreint, seuil de salaire relevé pour les travailleurs immigrés, expulsions facilitées pour les personnes sans titre de séjour valide. Les fusillades et règlements de comptes entre gangs, à l'origine de l'expression des « conditions suédoises », ont nettement reculé, rapporte VG.
Pour les experts cités par le quotidien, ce succès sur le terrain n'a pourtant pas été récompensé dans les urnes : SD aurait perdu un soutien particulièrement marqué chez les primo-votants, selon des chiffres provisoires. Le parti devra désormais redéfinir son rôle dans la vie politique suédoise, écrit VG, qui titre sur un Jimmie Åkesson présenté comme « victime de son propre succès ».
Le décompte des sièges reste, lui, disputé : Aftenposten rapporte que le bloc rouge-vert obtiendrait 176 sièges sur 349, contre 173 pour les partis alliés à Ulf Kristersson, un écart d'à peine trois sièges susceptible d'évoluer avec le dépouillement des votes de l'étranger attendu mercredi 16 septembre. Le journal souligne aussi que plusieurs bureaux de vote sont restés ouverts jusque vers 22 heures dimanche, deux heures après l'heure officielle de fermeture, en raison de files d'attente que l'administration électorale juge « très regrettables », évoquant la difficulté à retrouver le bon bulletin parmi les 103 listes proposées dans chaque isoloir.
VG note enfin que Magdalena Andersson, même en position de redevenir cheffe du gouvernement, devra composer avec un Parti de gauche qui réclame d'entrer au gouvernement et un Parti du centre qui s'y refuse, un attelage jugé d'ores et déjà fragile.
