ANGLE DOMINANT
Sydney pèse l'héritage de Greenspan à l'aune des marchés actuels : entre reconnaissance d'un bâtisseur de prospérité et mise en cause d'un architecte des excès financiers, la presse australienne refuse tout verdict tranché.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Greenspan a présidé la Fed pendant 18 ans (1987-2006) et supervisé la 2e expansion économique la plus longue de l'histoire américaine : 10 ans de croissance ininterrompue de mars 1991 à mars 2001 (PerthNow).
- 02
Sa femme Andrea Mitchell a confirmé qu'il est mort de complications de la maladie de Parkinson à son domicile ; la Fed a exprimé sa « profonde tristesse » en saluant sa « discipline analytique rigoureuse » (PerthNow).
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Stephen Oliner, ancien haut responsable de la Fed, juge que ni la « déification » d'avant la crise financière ni les critiques post-2008 n'étaient pleinement méritées (PerthNow).
ANALYSE
Sydney, 24 juin 2026. Alan Greenspan, disparu à 100 ans des suites de la maladie de Parkinson, laisse une empreinte que la presse australienne s'applique à mesurer sans complaisance ni acharnement. Sa femme, la journaliste NBC Andrea Mitchell, a annoncé le décès depuis leur domicile, soulignant qu'il était « un géant qui avait contribué à façonner l'économie américaine pendant des décennies sous des présidents des deux partis, toujours honnête quant à ses erreurs ».
Le parcours de Greenspan à la tête de la Réserve fédérale — dix-huit ans, de 1987 à 2006 — couvre des épisodes qui résonnent directement avec les préoccupations des marchés australiens d'aujourd'hui. PerthNow rappelle qu'il a supervisé la deuxième expansion économique la plus longue de l'histoire américaine : une décennie ininterrompue de croissance entre mars 1991 et mars 2001. Son pari de laisser l'économie tourner sans relever les taux face à une inflation qui ne s'est jamais matérialisée lui a valu une réputation de « maestro » et un statut quasi de star du rock dans les milieux économiques.
L'ex-musicien de jazz avait fondé son intuition sur un pari intellectuel : la montée en puissance de la productivité au milieu des années 1990, selon lui, maintiendrait l'inflation sous contrôle. Son analyse s'est avérée juste, au point que l'ancien président de la Fed Jerome Powell y a encore récemment fait référence comme exemple de jugement surpassant les modèles techniques. Mais la même capacité à s'affranchir des modèles l'a aussi conduit à sous-estimer les risques systémiques liés à la dérégulation financière.
Stephen Oliner, ancien haut responsable de la Fed interrogé par PerthNow, résume l'ambivalence générale : « Je pense que la déification qui a précédé la crise financière n'était jamais vraiment méritée, et je pense que les critiques qu'il a subies après son départ ne l'étaient pas non plus complètement. » Cette formulation illustre la posture adoptée par la presse australienne — ni absolution ni condamnation.
La Réserve fédérale a exprimé sa « profonde tristesse » et salué un homme qui « a apporté une discipline analytique rigoureuse à la conduite de la politique monétaire et contribué à établir la crédibilité qui demeure l'un des actifs les plus importants de la Fed ». Ces mots officiels n'effacent pas les questions : dans un contexte où les marchés australiens scrutent eux-mêmes les signaux d'inflation — l'ASX 200 se stabilisant autour de 8 800 points tandis que les économistes anticipent un indice des prix à la consommation américain remontant à 4,1 % en mai — le débat sur l'héritage Greenspan prend une résonance immédiate.
