ANGLE DOMINANT
Ottawa mesure l'empreinte durable d'Alan Greenspan à l'aune du contraste entre l'hommage unanime de sa veuve et les questions persistantes sur sa gestion de la déréglementation financière.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Alan Greenspan est mort à 100 ans des suites de complications liées à la maladie de Parkinson, selon sa veuve Andrea Mitchell (NBC News).
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Il a présidé la Fed de 1987 à 2006 sous quatre présidents américains des deux partis (Reagan, H.W. Bush, Clinton, G.W. Bush), soit près de 19 ans.
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Le Financial Post rapporte que le nouveau président de la Fed Kevin Warsh a maintenu les taux inchangés lors de sa première réunion malgré les appels à la baisse de Trump, dans un contexte de persistance inflationniste en 2026.
ANALYSE
Ottawa, 25 juin 2026. La mort d'Alan Greenspan à l'âge de 100 ans, des suites de complications liées à la maladie de Parkinson, a suscité au Canada une réflexion à double détente : hommage à l'architecte de deux décennies de politique monétaire américaine, et interrogation sur ce que son legs dit des banques centrales d'aujourd'hui.
Greenspan a présidé la Réserve fédérale de 1987 à 2006, sous quatre présidents successifs — Ronald Reagan, George H.W. Bush, Bill Clinton et George W. Bush. Une longévité institutionnelle exceptionnelle qui lui valut le surnom de « maestro », popularisé par le journaliste Bob Woodward. C'est sa veuve, la journaliste vétérane d'NBC News Andrea Mitchell, 79 ans, qui a annoncé le décès : « Il était un géant qui a contribué à façonner l'économie américaine pendant des décennies sous des présidents des deux partis, mais il a toujours eu l'honnêteté de reconnaître ses erreurs. » Elle a ajouté, sur un ton plus personnel : « Il avait une 'exubérance irrationnelle' pour le baseball, les Washington Commanders, le tennis, le golf et la musique, surtout le jazz. » — un clin d'œil à la formule que Greenspan lui-même avait lancée en 1996 pour décrire les marchés boursiers en surchauffe.
Né à New York en 1926, Greenspan avait d'abord envisagé une carrière musicale avant de se tourner vers l'économie. Il obtint son bachelor à la Stern School of Business de NYU en 1945, puis son master en 1950, et enfin son doctorat en économie en 1977 — tout en fondant dès 1955 la société de conseil Townsend-Greenspan & Co., qu'il dirigea pendant trente ans. Sa trajectoire illustrait une génération de technocrates qui croyaient fermement au pouvoir des modèles économiques pour réguler les cycles.
La presse canadienne ne se limite pas à l'hommage. Le contexte monétaire de 2026 impose une lecture plus critique. Le Financial Post rapporte que le successeur de Greenspan à la présidence de la Fed, Kevin Warsh — fraîchement installé — a présidé sa première réunion de politique monétaire sans signaler de baisse des taux, malgré les pressions de Donald Trump. Une continuité institutionnelle qui tranche avec l'image d'une Fed des années Greenspan jugée trop accommodante, notamment dans sa réponse à la bulle internet des années 1990 puis à la formation des bulles immobilières pré-2008.
Treasury Secretary Scott Bessent a déclaré devant l'Economic Club of New York qu'il était « confiant que le président de la Fed optimisera le chemin vers la stabilité des prix et la croissance économique » — formule qui rappelle les louanges adressées jadis à Greenspan, avant que la crise financière de 2008 ne contraigne l'ancien maestro à une mea culpa devant le Congrès américain.
