ANGLE DOMINANT
Helsinki tranche avec sobriété : la Finlande retient d'Alan Greenspan le bâtisseur d'une ère monétaire de vingt ans, tout en rappelant ses zones d'ombre sur les crises financières qu'il n'a pas su prévenir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Greenspan a dirigé la Fed pendant cinq mandats sous quatre présidents (1987-2007), le deuxième mandat le plus long de l'histoire de la banque centrale américaine, derrière William McChesney Martin (1951-1970).
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La presse finlandaise rappelle qu'il est critiqué a posteriori pour avoir ignoré les signaux d'alerte des prêts subprime, contribuant aux conditions de la crise bancaire de 2007.
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En 1996, son avertissement contre « l'exubérance irrationnelle » des marchés a suffi à faire chuter immédiatement la Bourse de Tokyo, illustrant l'influence mondiale de sa parole.
ANALYSE
Helsinki, 24 juin 2026. Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine pendant près de vingt ans, est mort lundi à l'âge de 100 ans des suites de complications liées à la maladie de Parkinson. C'est son épouse, la journaliste Andrea Mitchell, qui a annoncé le décès à NBC News. La presse finlandaise — Helsingin Sanomat, YLE Uutiset, MTV Uutiset et Iltalehti — a couvert l'événement de manière factuelle, dressant le portrait d'un homme au parcours exceptionnel mais à l'héritage ambigu.
Né à New York en 1926, Greenspan a montré des aptitudes mathématiques précoces avant d'étudier l'économie à l'Université de New York, puis d'entamer un doctorat à Columbia sous la direction d'Arthur F. Burns, qui deviendra lui-même président de la Fed. Avant d'accéder à la haute fonction publique, il a dirigé le cabinet de conseil Townsend-Greenspan, avant de faire ses premières armes politiques comme conseiller lors de la campagne présidentielle de Richard Nixon en 1967. C'est Ronald Reagan qui le nomme à la tête de la Fed en 1987, lançant une présidence qui durera cinq mandats consécutifs sous quatre présidents américains — un record qui n'est dépassé que par William McChesney Martin, à la tête de la banque centrale de 1951 à 1970.
La couverture finlandaise insiste sur l'ampleur des crises traversées par Greenspan : le krach boursier du « Lundi noir » de 1987, survenu quelques semaines seulement après sa prise de fonction, la bulle des valeurs technologiques au tournant du millénaire, puis les attentats du 11 septembre 2001. YLE Uutiset rappelle qu'en 1990, ses politiques ont contribué — en tandem avec Paul Volcker — à faire reculer l'inflation de 11 % à 6,5 %, l'une de ses réussites les mieux documentées.
Mais la presse nordique ne s'arrête pas aux succès. Helsingin Sanomat souligne que Greenspan a acquis une stature de célébrité dans les années 1990, surnommé le « maestro », et rappelle sa phrase restée dans les annales : en 1996, il avait mis en garde contre « l'exubérance irrationnelle » des marchés boursiers, provoquant une chute immédiate de la Bourse de Tokyo, bientôt suivie par les autres places mondiales. Pourtant, Iltalehti et MTV Uutiset notent qu'il lui est reproché, a posteriori, d'avoir ignoré les signaux d'alerte des prêts hypothécaires à risque (subprime), ce qui a contribué à alimenter la crise bancaire de 2007. MTV Uutiset précise que son mandat s'étend de 1987 à 2007, lui permettant de quitter la Fed juste avant l'effondrement financier mondial.
Helsingin Sanomat relève également que Greenspan était reconnu pour ses formulations délibérément opaques, conçues pour ne pas perturber les marchés.
