ANGLE DOMINANT
Lisbonne pèse le double héritage de Greenspan : des décennies de prospérité contrebalancées par une responsabilité dans les excès qui ont précipité la crise de 2008.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Alan Greenspan est mort à 100 ans de complications liées à la maladie de Parkinson, selon un communiqué de sa femme Andrea Mitchell cité par NBC News.
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Il a présidé la Fed pendant plus de 18 ans (1987-2005), reconduit par quatre présidents successifs : Reagan, George H.W. Bush, Clinton et George W. Bush.
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Dans un livre paru en 2013, Greenspan s'est défendu des accusations liées à la crise de 2008, arguant que les prévisions traditionnelles ne pouvaient anticiper les prises de risques irrationnels.
ANALYSE
Lisbonne, 25 juin 2026. La mort d'Alan Greenspan à 100 ans, annoncée par sa femme Andrea Mitchell dans un communiqué cité par la NBC News, a suscité au Portugal un regard attentif sur l'un des économistes les plus influents du XXe siècle. La cause du décès : des complications liées à la maladie de Parkinson, selon le communiqué familial repris par l'ensemble de la presse lusophone.
Le quotidien Público situe d'emblée le paradoxe central : celui qui fut surnommé « maestro » des marchés est aussi considéré comme l'un des principaux responsables de la crise financière de 2008. Greenspan a présidé la Réserve fédérale américaine (Fed) de 1987 à 2005, soit plus de dix-huit ans, reconduit successivement par quatre présidents — Reagan, George H.W. Bush, Clinton et George W. Bush. Une longévité institutionnelle sans équivalent dans l'histoire de la banque centrale américaine.
Dès le début de son mandat, en octobre 1987, Greenspan dut faire face au « lundi noir » de Wall Street. Sa réponse — injection de liquidités pour stabiliser les marchés — forgea ce que les économistes appellent le « Greenspan put » : la conviction que la Fed interviendrait systématiquement pour amortir les chutes boursières. Le Jornal Económico rappelle que sous sa direction, les États-Unis ont connu « une ère soutenue de croissance et de prospérité », mais que cette période s'est achevée deux ans après son départ, avec l'effondrement de 2008.
Face aux critiques qui lui imputaient une responsabilité dans cette crise, Greenspan s'est défendu dans un livre publié en 2013, avançant que « les prévisions économiques traditionnelles ne pouvaient pas anticiper la prise de risques irrationnels susceptibles d'alimenter des bulles de prix catastrophiques ». Un argument que la presse lusophone reproduit sans le trancher franchement, préférant exposer les deux faces du dossier.
SAP Notícias rappelle, à travers le communiqué d'Andrea Mitchell, que Greenspan n'avait pas cessé d'analyser les données économiques après son départ de la Fed, pilotant sa propre firme de conseil, Greenspan Associates, qui conseillait des clients de Wall Street. La même note rappelle ses multiples passions : le basketball et la musique, qui l'accompagnèrent jusqu'à la fin. Sa femme l'a décrit comme un homme d'une « intelligence et d'une bonté » remarquables.
Le portrait dressé au Portugal est celui d'un homme à deux visages : l'architecte d'une prospérité américaine prolongée, capable de gérer coup après coup les turbulences — krach de 1987, bulle internet, attentats du 11 septembre — et l'idéologue de la dérégulation financière dont les excès se sont retournés contre l'économie mondiale.
