ANGLE DOMINANT
Berlin décrypte la démission d'Aleksandar Vučić comme un contournement habile de la limite constitutionnelle des deux mandats présidentiels, plutôt que comme un retrait du pouvoir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a démissionné dimanche 27 septembre, six mois avant la fin de son mandat, pour briguer le poste de Premier ministre en tête de liste du SNS aux législatives anticipées du 25 octobre (Tagesschau, Handelsblatt)
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Ana Brnabić, présidente du Parlement et membre du SNS, assure l'intérim présidentiel ; une élection doit se tenir dans un délai constitutionnel de trois mois, avec un premier tour possible avant fin décembre selon Vučić (ZEIT Online, Handelsblatt)
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L'opposition accuse Vučić et ses alliés de violences contre des opposants, de corruption généralisée, de liens avec le crime organisé et de répression de la presse ; des groupes de défense des droits humains dénoncent un style de gouvernement de plus en plus autoritaire (ZEIT Online, Handelsblatt)
ANALYSE
Berlin, 28 septembre 2026. La presse allemande lit la démission d'Aleksandar Vučić comme une manœuvre de pouvoir plutôt que comme un retrait. Selon Tagesschau, le président serbe a démissionné dimanche, six mois avant la fin de son mandat, pour se présenter comme tête de liste de son Parti progressiste (SNS) aux élections législatives anticipées du 25 octobre, avec l'objectif de redevenir Premier ministre, poste qu'il a déjà occupé entre 2014 et 2017. La Constitution lui interdisait un troisième mandat présidentiel consécutif ; son second mandat se serait achevé l'an prochain.
ZEIT Online souligne que Vučić a annoncé sa démission à la télévision d'État RTS, déclarant : « Heute ist der Tag, an dem ich zurücktrete » (« Aujourd'hui est le jour où je démissionne »), avant de s'adresser à ses partisans devant le siège présidentiel à Belgrade : « Dies ist mein letzter Abend in diesem Gebäude » (« C'est ma dernière soirée dans ce bâtiment »). Le quotidien qualifie Vučić de politicien « en partie autocratique » et rappelle que l'opposition l'accuse, lui et ses alliés, de violences contre des opposants politiques, de corruption généralisée, de liens avec le crime organisé et de répression de la liberté de la presse — accusations que Vučić rejette.
L'intérim présidentiel revient à Ana Brnabić, présidente du Parlement et membre du SNS, ancienne Première ministre sous Vučić. Une élection présidentielle doit se tenir dans un délai constitutionnel de trois mois ; Handelsblatt indique que le premier tour pourrait avoir lieu avant fin décembre, selon Vučić lui-même.
Les trois journaux relient la démission à la pression du mouvement étudiant né après l'effondrement, le 1er novembre 2024, de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a tué 16 personnes. Handelsblatt évoque des « groupes de défense des droits humains » accusant Vučić d'un « style de gouvernement de plus en plus autoritaire », ce que le gouvernement rejette. Tagesschau note que la liste du mouvement étudiant, qui dénonce la corruption gouvernementale et la négligence administrative, pourrait constituer le principal concurrent du SNS lors du scrutin.
La presse allemande souligne enfin la position internationale ambiguë de la Serbie : candidate à l'adhésion à l'Union européenne, mais entretenant aussi des relations étroites avec la Russie et la Chine.
