ANGLE DOMINANT
Bucarest décrypte la démission d'Aleksandar Vučić comme une manœuvre tactique : quitter la présidence pour rebondir au poste de Premier ministre, plus puissant, sans jamais lâcher les rênes de la Serbie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a démissionné dimanche 27 septembre, sept mois avant la fin prévue de son second mandat présidentiel, selon Digi24 (Reuters/Euractiv).
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La loi serbe impose l'organisation d'un scrutin présidentiel dans les trois mois suivant la démission ; Vučić a évoqué un premier tour possible avant la fin décembre.
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Ana Brnabić, présidente du Parlement dissous et cadre du SNS, assure l'intérim à la tête de l'État en attendant la présidentielle anticipée.
ANALYSE
Bucarest, 28 septembre 2026.
La presse roumaine a suivi de près la démission d'Aleksandar Vučić, annoncée dimanche 27 septembre, sept mois avant la fin prévue de son second mandat présidentiel, selon Digi24, qui cite Reuters et Euractiv. La Constitution serbe lui interdisant un troisième mandat consécutif, le chef de l'État sortant a choisi de démissionner pour se présenter, à la tête du Parti progressiste serbe (SNS), aux élections législatives anticipées du 25 octobre — avec l'objectif, souligné par Mediafax, de devenir Premier ministre, une fonction jugée « formellement plus puissante » que celle qu'il quitte. Pour Mediafax, la démission ne signifie donc pas un retrait de la vie politique, mais au contraire l'entrée de Vučić dans la course pour diriger le futur gouvernement.
Selon Digi24, la loi serbe impose l'organisation d'un scrutin présidentiel dans les trois mois suivant la démission du président ; Vučić a lui-même indiqué que le premier tour pourrait se tenir avant la fin décembre. Les électeurs serbes devront donc se rendre deux fois aux urnes cette année : pour les législatives du 25 octobre, puis pour la présidentielle anticipée. En attendant, c'est Ana Brnabić, présidente du Parlement dissous et cadre du SNS, qui assure l'intérim à la tête de l'État, précisent les deux articles roumains.
Mediafax rappelle que Vučić, douze ans durant Premier ministre puis président, affronte depuis près de deux ans un vaste mouvement de contestation anticorruption, né après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui avait fait 16 morts. Avant l'annonce officielle, des centaines de partisans s'étaient rassemblés devant le siège de la présidence à Belgrade ; Vučić leur a dit que c'était sa dernière soirée dans le bâtiment, se disant fier du bilan de son mandat à la tête de l'État.
Sur la chaîne publique RTS, avant de déposer sa démission, il avait appelé à une concentration absolue sur la victoire aux législatives, affirmant qu'elles détermineront la voie que suivra la Serbie. Il avait annoncé son intention de quitter la présidence dès un meeting tenu à Belgrade fin juin, mais a attendu trois mois avant d'officialiser son départ, selon Digi24. Les deux titres roumains attribuent l'essentiel de leurs informations à des agences et médias étrangers, Reuters, Euractiv, TVP World et News.ro, plutôt qu'à des correspondants sur place à Belgrade.
